Blaney propose un pont-tunnel à péage de trois milliards

Troisième lien Lévis-Québec


Publié le 15 février 2017

Le projet pourrait être complété d'ici 2023 si les travaux débuteraient demain.

©TC Media - Raphaël Beaumont-Drouin;

TRANSPORT. Un tunnel à péage vers l'île d'Orléans doublé d'un pont-jetée vers la Rive-Nord. C'est la solution à trois milliards proposée par le député conservateur Steven Blaney devant la problématique de congestion routière dans la région.

C'est dans une salle pleine à craquer du Centre des congrès de Lévis que l'homme politique a présenté le fruit des recherches de l'ingénieur Jacques Huot.

Intitulé «Axe Orléans» ce troisième lien serait accessible à partir de l'autoroute 20 à la hauteur de la sortie Lallemand à Lévis. Le tunnel double émergerait 5,5 kilomètres plus loin sur les flancs de l'île d'Orléans. Un pont-jetée lierait ensuite la pointe de l'île à la Rive-Nord près de l'échangeur Félix-Leclerc et Dufferin-Montmorency.

Les deux tunnels parallèles – l'un direction nord, l'autre direction sud – seraient larges de deux voies chacun. La vitesse maximale y serait de 70 km/h. Le futur pont de l'île d'Orléans aurait quant à lui une longueur de 2,3 km.

Ce troisième lien est le fruit de deux ans de recherches et d'analyses de Jacques Huot. L'ingénieur qui est derrière de nombreux projets réalisés au Québec ainsi qu'à l'étranger dit avoir analysé plus d'une vingtaine de possibilités et avoir conclu que l'axe Orléans est l'option la moins coûteuse et la plus rapide.  «Si [le premier ministre] Philippe  Couillard nous donne le "go", il pourrait être complété d'ici 2023», avance-t-il.

L'ingénieur a balayé du revers de la main les nombreuses options et alternatives avancées dans les derniers mois, qualifiant même le tunnel proposé au mois de septembre par le professeur Bruno Massicotte de «dangereux.»

Le tunnel serait accessible à partir de l'autoroute 20 à la hauteur de la sortie Lallemand à Lévis
Gracieuseté

À coup de change

Le péage sur le troisième lien serait de 3,25$ par voiture et 40$ pour les véhicules lourds, selon les chiffres avancés par Jacques Huot.

Lui et Blaney souhaitent réaliser ce projet au moyen d'un partenariat public privé à long terme nommé BOOT (build-own-operate-transfer) un modèle d'affaires clé en main dans lequel le constructeur se charge de toutes les étapes du projet, de la conception à l'opération.

Dans ce cas-ci, un consortium étranger deviendrait propriétaire du troisième lien et ne le céderait au gouvernement qu'une fois le montant investi remboursé. Les gens de Québec paieraient la note grâce au péage sur un échéancier de 40 ans. Un avantage clair aux yeux de Steven Blaney, qui prouve selon lui qu'il est possible de concevoir un troisième lien sans recourir à une aide gouvernementale massive.

La présentation a été suivie d'une houleuse période de questions. Les interrogations des citoyens portant sur l'environnement, le transport en commun ou le cyclisme ont suscité de vives railleries de la part de la foule, largement conquise par le projet.