De coiffeuse à conductrice d’autobus scolaire

Frédéric Desjardins frederic.desjardins@tc.tc
Publié le 4 janvier 2017

Janine Poirier soulignera ses 20 ans de métier comme chauffeuse d’autobus scolaire en mars prochain. Elle n’était pourtant pas prédestinée à cette profession.

Janine Poirier a été propriétaire d’un salon de coiffure à Saint-Georges pendant une dizaine d’années. À cause d’allergies progressives en lien avec les produits capillaires, elle a dû fermer boutique et réorienter sa carrière dans la mi-trentaine.

«J’ai suivi un programme d’orientation dans un centre d’emploi. Au final, on me voyait comme chauffeuse d’autobus scolaire ou travailleuse sociale. J’aimais les enfants et la liberté reliée au travail de chauffeuse», dit-elle.

Après l’obtention de son permis de classe 2, Janine Bouchard a été embauchée par les Autobus Breton où elle travaille toujours. Sur 20 ans, elle a conduit sur une multitude de circuits pour des écoles primaires de Saint-Georges et des environs, ainsi que vers la Polyvalente de Saint-Georges.

Avec le temps, Janine Bouchard a développé une expertise dans le transport des jeunes aux besoins particuliers. Cette année, elle conduit un minibus transportant des élèves de ce type dans différentes écoles primaires.

«J’ai aussi fait du transport adapté auprès de personnes à mobilité réduite. C’est exigeant et valorisant. On développe une belle complicité avec les jeunes parce que l’autobus est plus petit et qu’on se voit plus souvent», mentionne celle-ci.

Autonomie et discipline

Avant d’entreprendre ses circuits, Janine Bouchard doit faire une inspection visuelle de son autobus. Si un problème survient sur la route, elle doit faire preuve d’un jugement rapide pour remédier à celui-ci.

«Ça m’est déjà arrivé de sortir les tractions aids pour me déprendre en plein hiver. Au niveau de la discipline, c’est difficile de la garder en fin de journée, car les élèves ont plus le goût de bouger», précise-t-elle.

Dans le respect, Janine Poirier gagne toujours sur ce point. «Une fois, un jeune avait fait un mauvais coup.  J’ai arrêté l’autobus en disant que je ne repartirais pas tant que le coupable ne se nommerait pas. Les autres jeunes ont balancé le coupable parce qu’ils ne voulaient pas manquer Les Simpsons à la télé», se souvient-elle.

Sa priorité restera toujours d’amener les enfants à bon port en toute sécurité. «Il y a beaucoup de conducteurs qui ne respectent pas la signalisation lorsque l’autobus est arrêté. Je garde les yeux partout en donnant au besoin un coup de klaxon pour avertir les enfants d’un danger», confirme cette dernière.

Janine Bouchard voit d’un bon œil le nombre grandissant de jeunes femmes devenant des chauffeuses d’autobus. «Je ne me vois pas comme un modèle à suivre, même si des enfants et parents me donnent des cadeaux à Noël ou à la fin de l’année scolaire pour me remercier», conclut-elle.