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Sarah Breton devient la première diplômée malentendante du Cégep


Publié le 4 octobre 2017

Pour Sarah Breton (au centre), l’obtention de son diplôme est un travail d’équipe auquel ont contribué les interprètes Nancy Morin (à gauche) et Vincent Dijoux (à droite).

©Photo gracieuseté

Sarah Breton est devenue la première étudiante malentendante du Cégep Beauce-Appalaches à obtenir son diplôme d’études collégiales qu’elle recevra le 18 novembre prochain.

Son apprentissage n’a pas été de tout repos. Elle a également été victime d’intimidation au secondaire et plusieurs doutaient qu’elle puisse entreprendre des études collégiales. «On me disait de faire une attestation d’études collégiales pour éviter d’avoir à faire les cours de base comme le français et la philosophie. Ça m’a choquée et j’ai décidé de faire un DEC. J’ai senti au Cégep que les autres étudiants m’acceptaient beaucoup plus telle que j’étais. Ça m’a donné une dose supplémentaire de confiance», raconte Sarah.

La jeune femme de 26 ans a fait preuve de persévérance pour notamment surmonter les difficultés de syntaxe caractéristiques aux personnes malentendantes. «Elles ont de la difficulté à s’exprimer par écrit. Lorsqu’elles lisent sur les lèvres, elles ne voient pas certains mots ou particules comme les «que», les «gue», les «gne» ou les «r». Sarah avait tendance à en mettre un peu partout, ce qui rendait ses textes incompréhensibles», mentionne l’une des interprètes qui l’ont accompagnée au Cégep, Nancy Morin.

Cette dernière précise qu’en travaillant chaque semaine au centre d’aide en français avec l’enseignante, Christine Hamel, les notes de l’étudiante ont bondi de 45 % à 75 %.

«Mon cégep a été une montagne russe d’émotions. Nancy a souvent dû me calmer et me consoler lorsque je pleurais parce que tout n’allait pas à mon goût. Nous avons découvert comment travailler ensemble », affirme Sarah, originaire de Sainte-Marie.

«Je n’ai jamais voulu jouer à la victime ni demander de privilèges. Je voulais être comme les autres. J’ai refusé l’offre de faire mes exposés oraux seule devant mes professeurs. Lors de mon premier exposé, les autres étudiants sont restés bouche bée devant ma performance. Je me suis sentie tellement fière», déclare-t-elle.

En décembre dernier, elle a réussi l’épreuve uniforme de français pour confirmer l’obtention de son diplôme. «Lorsque j’ai réussi mon épreuve uniforme de français, Nancy, Vincent [Dijoux] (un interprète ayant accompagné Sarah dans ses cours), Christine, mes autres enseignants et moi étions tellement émus. J’espère que d’autres étudiants qui font face à certaines limitations verront dans mon cas une motivation à ne pas renoncer à leurs rêves et, comme je l’ai fait, à transformer leur frustration en ténacité», ajoute la Beauceronne.

Celle-ci travaille désormais sur appel en tant qu’éducatrice pour deux Centres de la petite enfance de Sainte-Marie et Vallée-Jonction.