De plus en plus de cours de francisation sont donnés en Beauce


Publié le 19 avril 2017

L’enseignant, Éric Nadeau, est en compagnie de ses élèves Samyr Saboya Emygdid de Castro et Shuk King Lam ainsi que de Mario Bolduc, directeur du Centre d’éducation aux adultes Mgr. Beaudoin.

©TC Media - Andréanne Huot

Depuis le 1er juillet 2016, 87 adultes se sont inscrits aux cours de francisation donnés par le Centre de formation professionnelle Pozer de Saint-Georges, dans le but d’apprendre notre langue, de se trouver un emploi, mais aussi de bien s’intégrer dans la communauté.

Pour certains, c’est le travail qui les a amenés en Beauce ou dans Les Etchemins, comme les 34 travailleurs du Costa Rica ayant été embauchés par Rotobec de Sainte-Justine. Pour Shuk King Lam et Samyr Saboya Emygdid de Castro, c’est plutôt l’amour qui les a amenés dans la région. Ceux-ci ont témoigné de leur apprentissage de la langue de Molière devant une récente séance du conseil des commissaires.

Les 87 étudiants proviennent de 25 pays. Au Centre de formation professionnelle Pozer, il est possible d’entendre une quinzaine de langues différentes comme le rwandais, le vietnamien, le portugais, le hollandais, le turc ou le cantonnais.

Le processus de francisation va bien. Les deux étudiants parlent bien, malgré la gêne et l’incertitude devant certains mots, et ce, en seulement quelques mois d’études. Les deux élèves étaient accompagnés de leur enseignant en francisation Éric Nadeau.

Financement adéquat

Le financement est aussi adéquat, explique Nathaly Blondin, directrice du Service de la formation professionnelle et de l’éducation des adultes et aux entreprises. «Le ministère finance à l’élève. Donc même s’il y a une augmentation du nombre d’étudiants, exemple si les entreprises vont chercher plus de travailleurs étrangers, le financement reste adéquat. La seule chose, c’est que ça prend un minimum de 15 élèves par groupe», souligne Mme Blondin.

Les deux enseignants à Pozer ne parlent pas toutes les langues. Ils parlent habituellement quatre langues, dont le français, l’anglais, l’espagnol et une autre langue. Ils s’organisent avec le langage des signes et avec les autres élèves qui parlent la même langue que le nouvel arrivant, explique Éric Nadeau.

Selon l’enseignant, la majorité des élèves en francisation sont des travailleurs temporaires. «Les entreprises en Beauce recherchent beaucoup de soudeurs, de machinistes, etc. L’objectif pour ces étudiants est d’être assez fluides en français pour ne plus être travailleurs temporaires et pouvoir demander un statut de résidence permanente», souligne M. Nadeau qui connaît très bien cette réalité puisqu’il est l’enseignant dépêché par la CSBE pour franciser les 34 travailleurs du Costa Rica embauchés par Rotobec à Sainte-Justine. Il ajoute que les besoins sont aussi grandissants dans certains autres secteurs comme Sainte-Marie et La Guadeloupe.

Importance du français

Les gens doivent parler français en Beauce. Il ne faut pas sous-estimer l’importance du français ici. L’anglais est universel, mais le français, c’est notre culture.

Cassiopée Dubois

Pour la coordonnatrice de La Beauce embauche, Cassiopée Dubois, le français est «hyper important». Elle indique que pour que les travailleurs temporaires puissent rester en Beauce, des tests de français doivent être réussis pour pouvoir demander le statut de résident permanent. «C’est plus que d’être fonctionnel, c’est de pouvoir vivre en français. Les adultes ont besoin de plus d’heures pour être fluides. Les gens doivent parler français en Beauce. Il ne faut pas sous-estimer l’importance du français ici. L’anglais est universel, mais le français, c’est notre culture», soutient-elle.

La Beauce embauche pourrait même développer des stratégies pour aller chercher des travailleurs unilingues anglophones si un programme était mis sur pied en collaboration avec la CSBE.