Stéphanie Dubois pour l'égalité des bourses

Journée internationale du sport féminin


Publié le 23 janvier 2017

La Lavalloise Stéphanie Dubois est retraitée du tennis professionnel et maintenant elle transmet sa passion à titre d'entraîneuse.

©Vincent GRATON

LAVAL. Tous les sports féminins devraient offrir le même cachet qu’aux hommes, soutient l'ancienne joueuse de tennis professionnelle lavalloise Stéphanie Dubois, qui affirme sans détour qu'une athlète élite s'entraîne aussi fort qu'un homme.

«Il est normal d'être rémunérée de façon équitable, affirme-t-elle. Depuis une dizaine d'années, les joueuses et joueurs de tennis sont sur le même pied et reçoivent les mêmes bourses».

 «À mes débuts au tennis professionnel, nous avions des montants moindres que les hommes. C'était injuste», déplore-t-elle.

En mars 2016, les déclarations du directeur du tournoi d’Indian Wells et du Serbe Novak Djokovic avaient soulevé une polémique. «Les statistiques montrent qu’il y a plus de spectateurs pour les matchs de tennis masculin. Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous devrions gagner plus», avait déclaré Djokovic.

«Il y aussi certains joueurs qui disent que les femmes devraient gagner moins, car on ne joue pas cinq manches comme eux. Je prône l'équité», croit-elle fermement.

Entraînement

La meilleure joueuse de tennis lavalloise affirme sans détour qu'une athlète élite s'entraîne aussi fort qu'un homme. «Quand je jouais au tennis, j'investissais autant d'heures à l'entraînement que les hommes. Ça devient donc normal d'être rémunéré de façon équitable», précise-t-elle.

Carrière plus courte

Selon elle, si les femmes ont des carrières plus courtes ou abandonnent le sport plus tôt que les hommes, c'est en raison de plusieurs facteurs. La volonté de réussir leurs études, la place que prennent les amis et amoureux à l'adolescence et le goût de fonder une famille plus tard raccourcissent souvent les carrières des filles.

Fonder une famille

Âgée de 30 ans, Stéphanie aura son premier enfant. Enceinte de six mois, elle a décidé de fonder une famille avec son mari Oliver Sheath. Elle vit depuis un an à Londres. Elle entraîne des filles au tennis et est commentatrice des parties de tennis sur le WEB pour la WTA.

Un beau palmarès

Avec 10 titres ITF en carrière, des participations à tous les tournois du Grand Chelem, la chance de représenter le Canada aux Jeux olympiques et en Fed Cup, Stéphanie Dubois a été l'une des meilleures joueuses québécoises de l'histoire.

L'athlète a souligné n'avoir jamais vécu de discrimination durant sa carrière parce qu'elle était une femme. «Mes entraîneurs m’ont toujours laissé la place qui me revenait. Les gars sur le circuit ont toujours été corrects avec moi. Certains étaient machos, mais un gars c'est un gars!» lance-t-elle en ricanant.

Jeunes filles

Stéphanie encourage les jeunes filles à poursuivre leurs rêves, à se fixer des objectifs, se trouver une passion dans le sport ou dans un autre domaine. «Il faut travailler fort, être persévérante et croire en soi pour atteindre les sommets.»

Elle croit aussi en l'importance de bien s'entourer. «Mes parents ont toujours été là. Ils m'ont laissée voler de mes propres ailes. Ils m'ont guidée et j'ai apprécié ce qu'ils ont fait pour moi.»

Le sport lui a permis de mieux se connaître, d'avoir confiance en elle, de trouver des solutions à ses problèmes, de communiquer avec les gens et de gérer les hauts et les bas.

«Ce sont des outils qui me servent dans mon après-carrière et qui me serviront pour toujours, jure-t-elle. Le dépassement de soi, le fait de repousser mes limites, arrive en tête de liste parmi ce que m'a apporté le sport.»

Visibilité médiatique

Concernant la visibilité accordée dans les médias au sport féminin, Stéphanie croit que le tennis fait exception à la règle, car c'est un sport professionnel.  

«Est-ce que l’on entend parler du hockey féminin ou d’autres sports au féminin? Oui, pendant les Jeux olympiques. On ne présente que très rarement du sport amateur féminin à la télévision. Je suis pour la diversité du sport féminin dans les médias», termine-t-elle.