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Homme abattu par la SQ : une longue enquête amorcée par le BEI


Publié le 17 mai 2017

Les policiers ont érigé un large périmètre à la proximité de la résidence.

©TC Média - Jean-Francois Fecteau

Chargé de faire la lumière sur l'opération de la Sûreté du Québec ayant mené à la mort d'Emmanuel Therrien, 41 ans, de Beauceville, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) avise qu'il faudra patienter des mois avant le dépôt d'un rapport final.

Ayant déployé huit enquêteurs sur le dossier, le BEI peut aussi compter sur le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) en tant que corps de police de soutien. Le SPVQ a même fourni deux techniciens en identité judiciaire. Les enquêteurs ont quitté les lieux de l'incident tard dans la nuit de lundi à mardi. Ils ont recueilli plusieurs éléments d'enquête et ils ont rencontré les témoins.

D'après Esther Tremblay, porte-parole de l'organisation, l'enquête suit son cours, mais elle pourrait s'étirer sur plusieurs semaines et peut-être même des mois. «Cela va dépendre des expertises et de la complexité de l'analyse à faire. Les enquêteurs travaillant sur ce dossier ont aussi d'autres rapports à compléter avant de rédiger le rapport final. Dès qu'un rapport est prêt, celui-ci est remis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP)», souligne-t-elle.

Ce rapport sera également transmis au Bureau du coroner qui pourrait émettre des recommandations visant une meilleure protection de la vie humaine. De plus, les rapports d’enquête transmis au DPCP et au Bureau du coroner ne sont jamais rendus publics par le BEI.  

D'après Mme Tremblay, les détails entourant les événements survenus à Beauceville seraient seulement connus si une accusation était portée contre le ou les policiers impliqués dans l'affaire. Dans ce cas précis, les enquêteurs du BEI assisteront le DPCP dans le cadre des procédures judiciaires subséquentes. «Le dossier deviendrait public à ce moment-là. En cas contraire, ce sera au DPCP d'expliquer son refus de porter des accusations», explique cette dernière.

Rappel des événements

La victime, Emmanuel Therrien, 41 ans.
Facebook

Pour le moment, les informations préliminaires fournies par le BEI précisent que les policiers s'étaient rendus à Beauceville afin de répondre à un appel d'urgence dans un contexte de violence conjugale. L'homme était «armé et menaçant». De plus, une fois sur les lieux, les agents ont été confrontés à ce dernier qui aurait fait un geste en direction d’une arme qu’il aurait portée à la ceinture. Therrien a été abattu d’au moins un coup de feu. Son décès a été constaté sur place.

Originaire de Sainte-Anne-des-Monts en Gaspésie, Therrien vivait en Beauce avec sa famille depuis quelques années. L’homme a un casier judiciaire notamment pour harcèlement, vol et introduction par effraction.

Objectif du BEI

L'incident de Beauceville est la 39e enquête du Bureau des enquêtes indépendantes depuis sa création en juin 2016. Il a pour mission de faire enquête, à la demande du ministre de la Sécurité publique, dans tous les cas où une personne autre qu'un policier en service, décède ou subit une blessure grave ou est blessée par une arme à feu utilisée par un policier lors d'une intervention policière ou durant sa détention par un corps de police. «Le Bureau a été créé pour redonner confiance à la population dans les enquêtes», rappelle la porte-parole, Esther Tremblay.

Une autre enquête est en cours en Chaudière-Appalaches, soit celle de Dave Cloutier qui était décédé lors de sa détention au poste de police de la Sûreté du Québec en novembre dernier.