Ancien dépotoir toujours sous surveillance dans Beauce-Centre

ENVIRONNEMENT.  Saviez-vous que les résidents de Beauceville et de Saint-Joseph-des-Érables côtoient un ancien lieu d’enfouissement sanitaire (LES) ? En opération de 1983 à 1996, il fait toujours l’objet de suivis environnementaux.

Situé à l’ouest de la rivière Chaudière, ce site était prévu pour accueillir cinq cellules. Seulement deux cellules et les deux tiers d’une troisième ont été exploitées pendant cette période.

« Les autres [exploitations] n’ont jamais été autorisées par le ministère [de l’Environnement]. À l’époque, le site était géré par une régie intermunicipale regroupant les municipalités du territoire, ainsi que certains utilisateurs industriels », précise Josée Bélanger, responsable des communications à la MRC Beauce-Centre.

Sa fermeture s’explique notamment par la capacité limitée et les coûts croissants d’exploitation. Les cellules remplies de matières résiduelles, d’une hauteur de six mètres, ont été recouvertes de membranes étanches et de tourbe.

« Au fond des cellules se retrouvent des eaux contaminées qui doivent être traitées, afin d’éviter la pollution. Pour traiter ces eaux, un bassin de décantation a été aménagé sur le site. Un deuxième bassin traite les eaux avec de l’acide phosphorique, des bactéries digestives et de l’oxygène approvisionné par des aérateurs. À la toute fin du processus, les eaux sont rejetées dans l’environnement », explique la MRC sur son site web.

« Pour 2026, un budget de 32 800 $ est prévu pour l’entretien et le suivi du site, incluant les taxes foncières. Par ailleurs, des investissements de 38 000 $ ont été réalisés en 2024 et 2025 pour la rénovation des bâtiments », ajoute Mme Bélanger.

La nature reprend son droit

Ives Fendell Zinsou, conseiller en environnement à la MRC Beauce-Centre, nous a fait visiter ce LES situé sur le rang Saint-Caroline. On constate rapidement que la végétation, les insectes et la faune se sont réapproprié l’endroit.

Impossible de voir les cellules et leurs membranes, car elles sont recouvertes par le gazon et les arbustes. Seuls quelques tuyaux d’oxygénation, insufflant l’oxygène stimulant la décomposition, détonnent dans ce décor.

Le premier bassin de décantation, par son eau calme, fait penser à un lac. C’est au deuxième bassin où l’on en apprend davantage sur le traitement des eaux contaminées, qui se déversent par un tuyau unique dans la rivière Le Bras.  

« Des caractérisations d’eaux [analyses] sont réalisées à différents moments de l’année, afin d’assurer le bon suivi du système de traitement. La première est faite 24 heures après l’ouverture du système [en mai] et la dernière avant la fermeture [en novembre]. Ça ne fonctionne pas en hiver, parce que les eaux de lixiviat et des étangs sont gelées », précise Ives Fendell Zinsou.

Le suivi hebdomadaire comprend la prise des mesures de température et du taux d’oxygène dissous. Un suivi mensuel est réalisé afin d’assurer une surveillance générale du site. Cette inspection visuelle permet de vérifier les possibles résurgences ou une réapparition de déchets sur le site.

« La végétation est aussi contrôlée et des mesures de boues sont faites régulièrement », indique M. Fendell Zinsou.

Rapport annuel 

La MRC envoie annuellement un rapport de suivi post-fermeture au MELCCFP. Celui-ci détaille les interventions réalisées durant la saison de traitement des eaux. Un avis de non-conformité, daté du 20 avril 2026, a d’ailleurs été envoyé à la MRC pour le rapport 2025.

« Les coliformes totaux étaient plus élevés que les normes prescrites. Un plan de transmission des mesures correctrices a été envoyé au Ministère », confirme Sylvie Côté, directrice générale et greffière-trésorière de la MRC Beauce-Centre.