Beauceville critiquée par la Fondation Rivières

ENVIRONNEMENT.  Selon un palmarès de la Fondation Rivières, sept municipalités québécoises ont effectué, en 2024, plus de dix déversements interdits par temps sec de leurs eaux usées sans traitement, dans nos lacs et rivières. Beauceville, avec 11 déversements, se classe en septième position.

Selon l’organisme, les déversements d’eaux usées sont interdits en tout temps par temps sec (48 heures sans pluie). À ce chapitre, les villes de Québec (226), Sorel-Tracy (119), Laval (68), Saint-Eustache (33), Mirabel (20) et Grande-Rivière (16) obtenaient de pires résultats que Beauceville l’année dernière.

« Le ministère [de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs] limite le nombre de déversements autorisés par temps de pluie durant certaines périodes sensibles, comme l’été, où les milieux naturels sont plus fragiles et où les usages sont plus importants », ajoute la Fondation Rivières par voie de communiqué.

En nombre total de déversements, qu’ils soient normés ou infractionnels, Beauceville arrive au troisième rang en Chaudière-Appalaches. Avec 108 déversements, elle dépasse les villes de Saint-Georges (77), Sainte-Marie (28) et Saint-Joseph-de-Beauce (9). Beauceville est toutefois loin derrière Thetford Mines (1214) et Lévis (1133), qui occupent les deux premières positions régionales.

« Plusieurs municipalités se sont mises en action, mais le rythme de correction est encore très lent. Hormis le manque de financement, y a-t-il un manque de connaissances ou de volonté politique ? L’accompagnement offert aux municipalités est-il suffisant et adapté aux besoins ? », se questionne André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières.

Réplique cinglante

Serge Vallée, directeur général de la ville de Beauceville, a remis les pendules à l’heure le 17 novembre en séance publique du conseil municipal. Il croit que certaines municipalités faussent leurs données auprès du MELCCFP.  

« Lorsqu’il y a une panne d’électricité, automatiquement, il y a un déversement de la station [d’épuration]. Plusieurs municipalités affichent zéro déversement [en 2024] lors d’une panne. Elles ne trouvent pas cela important, alors qu’elles devraient le dénoncer au Ministère. La firme privée, avec qui Beauceville fait affaire, le signale même si c’est juste une tasse d’eau. Si le déversement n’est pas régularisé le lendemain, la firme clique deux fois au lieu d’une seule fois », explique-t-il pour justifier partiellement le nombre élevé de déversements.

Une partie de la solution réside également dans le changement progressif des infrastructures d’eau. En février 2024, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) confirmait des aides financières totalisant 5,5 M$ pour renouveler 1 720 mètres de conduites d’eau potable, d’eaux usées et d’eaux pluviales sous cinq chemins municipaux.

« Il y a un aspect coûteux à prendre en compte. On fait des dépôts de subventions pour réaliser des travaux. Notre conseil municipal s’est engagé à améliorer la situation. On ne ferme pas les yeux là-dessus », assure le maire Patrick Mathieu, rappelant que les nombreuses inondations ont mis à mal le réseau.