Benedict Arnold : milliers d’objets trouvés au fond de la rivière Chaudière
PATRIMOINE. De 2019 à 2025, Marcel Vachon trouvait plus de 5 000 objets dans la rivière Chaudière. Ceux-ci dateraient de la seconde moitié du 18e siècle, soit l’époque où le général anglais Benedict Arnold remontait le cours d’eau pour envahir la ville de Québec.
Initialement, Marcel Vachon cherchait de l’or avec son détecteur de métal et une assiette d’orpailleur. À Beauceville, dans le secteur des Rapides du Diable, il trouve plutôt une pioche rouillée en creusant 18 pouces sous le lit de la rivière Chaudière. Ce sera le début d’une longue aventure patrimoniale.
« Je circulais en solo avec son zodiac et ma pelle dans différents points de la rivière. Presque tous les objets étaient enterrés dans le fond de la Chaudière. Dans les endroits plus profonds, j’utilisais mon équipement de plongée sous-marine », explique M. Vachon, un résident de Saint-Georges.
Ustensiles, vaisselle, médailles militaires, bottes, fers à cheval, marmites, essieux, roues de charrettes, même une horloge… tous ces objets et bien d’autres ont été photographiés et numérotés par Marcel Vachon. Encore fallait-il connaître l’époque de ces éléments rouillés, parfois fusionnés avec des roches et du sable.

« J’ai envoyé des images à l’équipe de l’émission La malédiction d’Oak Island [diffusée sur Historia], qui me confirme que ces objets datent des années 1750 à 1780. Mes photos ont aussi été vues par l’Arnold Expedition Historical Society [dans le Maine], qui collectionne des objets semblables », indique Marcel Vachon, dont les opérations se sont conclues par la récupération d’une tonne en poids métallique et de 25 gallons de vaisselle et ustensiles.
Dévoiler au grand public
En ce moment, Marcel Vachon entrepose sécuritairement ses trouvailles dans un local à Québec. Il aimerait que ces objets anciens, dont une bonne partie est en bon état malgré la corrosion, soient dévoilés au grand public. Jusqu’ici, ses démarches aboutissent à un cul-de-sac, même en incluant les positionnements GPS des endroits où étaient enterrées les reliques.
« La ville de Beauceville et le ministère de la Culture, par exemple, n’y voient aucun intérêt. J’ai même écrit au gouvernement fédéral, sans succès. C’est un morceau de notre histoire qu’on ne prend pas assez au sérieux », déplore celui-ci.
Marcel Vachon croit fermement au potentiel de sa collection, ainsi qu’à la transmission de notre patrimoine. Il cite notamment l’excellent travail de la Société historique 1775-1783. Cet organisme apolitique, et sans but lucratif, avait tenu des activités à l’automne 2025 commémorant le passage de Benedict Arnold au Québec, il y a 250 ans.
« Avec une image satellite, j’ai même trouvé le point d’impact du coffre perdu [de Benedict Arnold] où il y a des pièces d’or, d’argent et de cuivre. Il est trop profond pour être récupéré. Ça prendrait une pelle mécanique et beaucoup de travail », admet ce dernier.
Toute personne intéressée à soutenir Marcel Vachon, dans le dévoilement de ses œuvres, peut le contacter à marcelvachon@live.fr.
