Budget fédéral 2025 : Gérer les fonds publics dans l’incertitude
ÉCONOMIE. Le premier budget fédéral, du gouvernement de Mark Carney, prévoit d’importants investissements menant à un déficit de 78,3 G$ dans la prochaine année. Qu’en retireront les citoyens et entreprises, en Beauce comme ailleurs au Canada ?
À lire aussi : Jason Groleau inquiet pour les Beaucerons
Steeve Vachon, associé en fiscalité chez Raymond Chabot Grant Thornton, y voit des mesures intéressantes en soutien aux particuliers. La réduction du taux d’imposition en fait partie, ainsi qu’éliminer la TPS pour l’achat d’une première maison neuve.
« Le nouveau crédit d’impôt, pour les préposés de soutien à la personne, représente une bonne mesure pour aider nos aînés. La nouvelle règle contre les Chauffeurs inc. est très intéressante. Les entreprises de transport fautives, qui ne remplissent pas correctement leur formulaire fiscal, seront plus faciles à repérer », dit M. Vachon.
Par rapport aux investissements en défense (30 G$ sur cinq ans), il estime que le gouvernement fédéral n’avait pas le choix. « Les pressions internationales devenaient trop importantes. Plusieurs équipements militaires devaient être renouvelés », mentionne Steeve Vachon.
Entreprises et immigration
Dans la Beauce, fleuron de l’entrepreneuriat québécois, les compagnies manufacturières pourraient profiter d’une « super déduction » à la productivité. Cette mesure, soit 1,5 G$ sur cinq ans, mise sur un amortissement complet des nouveaux bâtiments et équipements dès leur mise en service.
« Pour en profiter, les entreprises devront investir dans leurs équipements. En zone d’incertitude économique, ça reste incertain. Dans ma pratique, j’ai vu des entreprises dont le carnet de commandes a chuté de 50 % », indique Steeve Vachon, ajoutant que des entreprises beauceronnes exportent en sol américain et sont donc victimes des tarifs douaniers de Donald Trump.
Pour la première fois, le budget fédéral indiquait ses cibles d’immigration. Le nombre de résidents temporaires, admis au Canada, baisserait de 43 % jusqu’en 2028. Les cibles d’admissions de résidents permanents connaissent aussi des réductions à court terme.
« La hausse importante en immigration mettait de la pression sur nos logements, infrastructures et services. Je comprends toutefois la frustration des entreprises, pour qui l’immigration est essentielle à leur fonctionnement », précise M. Vachon.
Agences et endettement
Le gouvernement actuel crée plusieurs nouvelles agences afin de stimuler l’économie canadienne, comme le Fonds pour bâtir des collectivités fortes et le Bureau des grands projets. Quant à Maisons Canada, l’agence agirait notamment comme promoteur en construction de logements abordables.
« Créer ces groupes sera profitable seulement si on les gère de façon efficiente. Chaque nouvelle structure possède son propre coût », dit Steeve Vachon.
Il espère un retour rapide à l’équilibre budgétaire, au moment où Ottawa prévoit des déficits allant de 65 à 55 G$ annuellement jusqu’en 2030. « Chaque fois que la dette augmente, on doit en remettre plus pour payer les intérêts. Cet argent-là ne va donc pas dans les services aux citoyens », rappelle M. Vachon pour conclure.
