Concilier agriculture et développement du territoire

Près de 150 délégués de l’UPA Chaudière-Appalaches se sont réunis au Centre Caztel de Sainte-Marie, le 23 octobre, pour prendre part à l’assemblée générale annuelle et faire le bilan de la dernière année, en plus de discuter des priorités à venir.

Parmi les enjeux abordés par l’assemblée, la fédération régionale s’inquiète de la détérioration rapide des revenus agricoles, qui pourraient devenir négatifs en 2025, une première en près d’un siècle. L’entretien des cours d’eau en milieu agricole, l’élargissement de l’accès aux programmes de soutien à la relève, l’amélioration du Programme des travailleurs étrangers temporaires et, naturellement, les préoccupations à l’égard des tarifs douaniers qui fragilisent la compétitivité de plusieurs filières, dont celle du bois d’œuvre, ont aussi été abordés.

Dans son allocution, le président de la Fédération régionale, James Allen, a évoqué le projet de loi 112, qui vise à faciliter la libre circulation des biens et de la main-d’œuvre entre provinces, tout en soulignant que ce projet devra tenir compte de la réciprocité des normes et prévoir un allègement réglementaire afin d’éviter de désavantager les producteurs québécois.

La Fédération a également eu le plaisir d’accueillir Stéphanie Levasseur, deuxième vice-présidente générale de l’Union des producteurs agricoles, qui a insisté sur l’importance d’arrimer le soutien actuel aux besoins véritables du milieu.

« Les gouvernements à travers le monde consacrent en moyenne 2 % de leurs dépenses à leur agriculture, alors que les soutiens québécois et canadien ne dépassent toujours pas 1 %. Investir en agriculture et en foresterie, c’est aussi miser sur des secteurs d’avenir qui permettent de créer des milliers d’emplois en région, de développer le territoire, d’innover et de nourrir durablement les consommateurs d’ici et d’ailleurs », a déclaré Mme Levasseur.

James Allen convient que certains sujets reviennent régulièrement à l’assemblée, une situation qu’il juge normale, plusieurs de ces sujets étant en constante évolution. « Les cours d’eau en zone agricole, les programmes de soutien, les travailleurs étrangers temporaires (TET), il est vrai que ça revient souvent. Pour les TET, le gouvernement du Québec travaille pour qu’il y en ait moins, alors les producteurs, surtout maraîchers, sont touchés par ça. »

Agrotourisme et poursuites abusives

Parmi les sujets plus récents, l’assemblée a pu se prononcer sur la pertinence de demander au gouvernement du Québec l’adoption d’une loi, semblable à celle de l’Ontario, visant à protéger les propriétaires d’entreprises agrotouristiques contre les poursuites abusives découlant de l’imprudence et de la méconnaissance des visiteurs.

Des producteurs ont illustré la pertinence de légiférer en la matière, en raison de précédents vécus au cours des dernières années. « Dans certaines activités comme les portes ouvertes, on retrouve de l’autocueillette, de l’animation et autres. À titre d’exemple, une personne subit une blessure à un pied en faisant de l’autocueillette. Des producteurs ont déjà été poursuivis pour des épisodes du genre. En Ontario, ce type de poursuite n’est pas possible, lorsqu’il n’y a pas de négligence. »

On ajoute que l’agrotourisme constitue un secteur en pleine croissance au Québec, offrant de nouvelles perspectives économiques pour les entreprises agricoles, tout en rapprochant la population urbaine du monde agricole. Des incidents découlent généralement du non-respect des consignes de sécurité et de l’accès à des zones restreintes, entraînant des poursuites judiciaires souvent infondées, qui mettent en péril la sécurité financière et opérationnelle des entreprises agrotouristiques.

Les délégués ont aussi abordé la situation qui exige que, régulièrement, les travailleurs étrangers temporaires doivent suivre un examen de conduite année après année, puisque les entreprises agricoles doivent recourir à leurs services pour combler leurs besoins de main-d’œuvre.

Même si la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) permet de passer l’examen théorique en plusieurs langues, dont l’anglais, l’arabe littéraire, l’espagnol et le mandarin, et offre, sur demande, le soutien d’une personne interprète en langue étrangère, ce service ne semble pas être accessible dans la plupart des points de service. La fédération souhaiterait ainsi voir une formation adaptée et traduite aux TET souhaitant obtenir leur permis de conduire, pour mieux les préparer aux examens de la SAAQ et que les autres irritants puissent être traités aussi.

Enfin, cette année d’élections a mené à la reconduction, par acclamation, de James Allen à la présidence, de Natacha Lagarde au poste de 1re vice-présidente et de René Roy comme 2e vice-président.