Des Beaucerons manifestent contre le registre des armes d’épaule

Une centaine de personnes ont montré leur désaccord à la création d’un registre des armes d’épaule lors d’une manifestation le 3 avril à Saint-Georges.

Les manifestants étaient rassemblés sur la 107e Rue devant les bureaux de Paul Busque, député de Beauce-Sud. L’événement était organisé par André Veilleux, rédacteur en chef du magazine Aventure Chasse & Pêche.

«Créer un registre serait un gaspillage d’argent inutile. Cet argent devrait être utilisé en santé mentale où ça va vraiment sauver des vies», de dire André Veilleux qui est lui-même psychologue.

Ce dernier a discuté avec Paul Busque il y a deux semaines afin de lui donner son point de vue sur le dossier. «Il a été gentil et courtois, mais c’est un libéral qui doit respecter la ligne de parti. Il m’a fait comprendre que certains organismes veulent un registre, mais que les formalités seraient minimales. On est resté chacun sur nos positions», confirme-t-il.

Absent de la manifestation, M. Busque n’a pas voulu commenter l’événement et ne dévoilera sa position officielle que lors du vote sur le projet de loi 64 qui aura lieu d’ici la fin de l’actuelle session parlementaire.

Déboublement inutile

Donald Bougie est un chasseur de Saint-Théophile possédant douze armes d’épaule. Il rappelle que les chasseurs doivent déjà obtenir entre autres un permis de possession et d’acquisition (PPA) auprès de la GRC ou la Sûreté du Québec.

«Dans nos poches, on a déjà des cartes qui prouvent qu’on est aptes à avoir des armes à feu. J’ai rempli un paquet terrible de paperasse pour les avoir. C’est rendu que quand on va chasser et qu’on débarque de notre véhicule, on est pointé du doigt parce qu’on a une arme à feu. Des gens nous voient comme des criminels. Je suis un honnête citoyen et je n’ai jamais tiré sur personne», précise-t-il.

Comme André Veilleux, celui-ci croit que le gouvernement doit réinvestir dans la santé mentale afin d’éviter que des gens déséquilibrés se servent d’armes pour blesser des gens.

«Le gars qui n’a aucun problème de santé mentale, il sait bien que s’il prend une arme, ce n’est pas pour tirer sur son chum ou une autre personne», de dire Donald Bougie.

Résident de Saint-Georges, Gaston Bélanger estime que le système actuel est suffisamment sévère. «Si tu n’as pas ton PPA, tu n’es même pas capable de t’acheter une balle de .22. Même si tu es un client de longue date, on ne te vendra pas des munitions sans ton permis. Si la police t’arrête, elle sait aussi que tu as un permis, donc que tu as des armes à feu», explique celui-ci.

Également de Saint-Georges, Claude Giguère ne possède aucune arme à feu. Il tenait quand même à démontrer son appui aux chasseurs, tireurs sportifs et collectionneurs d’armes.

«On a déjà dépensé 2 G$ au fédéral pour rien. Je n’ai aucune arme, mais je suis contre les dépenses extraordinaires pour un registre. Pensons plutôt à prendre cet argent-là pour donner deux bains par semaine à nos aînés», dit-il.