Eaux usées : importants travaux à Saint-Benjamin en 2026-2027
ENVIRONNEMENT. Huit municipalités en Chaudière-Appalaches n’ont toujours pas de réseaux d’égout raccordés à une station d’épuration, ce qui, en vertu du Règlement sur les ouvrages municipaux d’assainissement des eaux usées (ROMAEU), contrevient à la loi. Celles-ci avaient jusqu’au 31 décembre 2020 pour se mettre en mode solution.
Les municipalités en question, Lac-Frontière, Saint-Adrien-d’Irlande, Saint-Antoine-de-Tilly, Saint-Benjamin, Sainte-Croix, Saint-Frédéric, Saint-Fortunat et Saint-Michel-de-Bellechasse, avaient reçu des avis de non-conformité à l’automne 2022, puisqu’elles étaient non conformes à certains articles du ROMAEU.
Chacune de ces municipalités a déposé un plan d’action accompagné d’un calendrier des mesures correctives, qui ont été ou qui seront mises en œuvre afin de raccorder leurs réseaux d’égout domestiques à une station d’épuration. À ce jour, cinq municipalités ont obtenu des autorisations ministérielles, soit Saint-Adrien-d’Irlande, Saint-Benjamin, Saint-Frédéric, Saint-Fortunat et Saint-Michel.
« Le Ministère assure un suivi de la progression des municipalités dans leur projet de mise en fonction de station d’épuration et n’exclut pas l’utilisation des mesures coercitives prévues par la loi pour certains cas problématiques, et ce, en tenant compte des circonstances particulières de chaque dossier », précise Frédéric Fournier, porte-parole de la direction régionale du ministère de l’Environnement.
Il ajoute que le Ministère dit avoir innové en mettant en place une approche d’accompagnement, afin d’accélérer la réalisation des travaux, en concluant une entente avec la Fédération québécoise des municipalités (FQM) qui accompagne les municipalités concernées à se doter d’une station d’épuration dans les meilleurs délais.
Investissement de 10 M$ à Saint-Benjamin
Nouveau maire de Saint-Benjamin, Alex Veilleux souligne que le dossier concernant sa municipalité est le secteur de Morisset-Station, où les eaux usées de 56 résidences se déversent dans la rivière Famine.
« C’est un vieux dossier que nous sommes en train de régler. Les travaux vont débuter à l’automne 2026 pour se conclure en 2027 », mentionne-t-il, en rappelant que le réseau actuel est vétuste et doit être mis aux normes, ce qui nécessitera des investissements de 10 224 905 $, financés à 95 % par le gouvernement du Québec, la part municipale étant limitée à 500 000 $.
« Si en 1930, ça pouvait aller, ce n’est plus le cas en 2026 et avec raison », indique le maire Alex Veilleux, en rappelant qu’il y a une quinzaine d’années, une première conduite dans le secteur est, le long de la route 275, avait été changée.
« On ne touchera pas à cette conduite, mais de l’autre côté, pour les maisons se trouvant du côté ouest de la route, on va condamner la conduite se trouvant derrière les maisons pour en implanter une nouvelle devant celles-ci. Ensuite, une station de pompage sera construite et nous avons acheté un terrain où on installera une station d’épuration. Les eaux usées qui y transiteront seront ainsi traitées avant d’être retournées à la rivière », poursuit-il, en rappelant que le conseil n’avait pas le choix de procéder avec ces travaux.
« Si cela n’avait pas été le cas, la Municipalité aurait été frappée d’amendes importantes avec obligation de réaliser les travaux de toute façon », précise-t-il, mentionnant que les travaux réalisés en 2026 seront ceux sous responsabilité municipale. La partie la plus importante, soit celle sous la responsabilité du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), se fera en 2027.
Autres projets
Toujours du côté de Saint-Benjamin, le maire Veilleux a rappelé que d’autres travaux d’amélioration du réseau d’égout sont à l’agenda, mais du côté du village. Ceux-ci permettront le remplacement de canalisations existantes et de séparer les eaux usées du pluvial. « Nous avons plusieurs sections du réseau que nous souhaitons refaire, lorsque nos finances le permettront et en fonction des subventions disponibles. Un bassin de rétention sera également construit au village en 2027, financé à 100 pour cent par la TECQ », précise-t-il.
* Avec la collaboration de Serge Lamontagne
