Élections 2026 : quelles sont les priorités dans Beauce-Centre ?
ÉLECTIONS. Patrice Mathieu, préfet de la MRC Beauce-Centre et maire de Saint-Odilon-de-Cranbourne, interpelle les candidats de Beauce-Nord dans ce dernier tournant de la campagne électorale. La Véloroute de la Chaudière, la bureaucratie et la refonte du schéma d’aménagement figurent en tête de liste des enjeux locaux.
De Saint-Joseph-de-Beauce à Beauceville, dans les deux sens, les cyclistes, coureurs et marcheurs ne peuvent toujours pas circuler sur la Véloroute de la Chaudière. Les dix maires de la MRC maintiennent la pression sur le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), responsable de la construction, depuis plus d’un an.
De fortes pluies, en juillet 2025, détruisaient les berges servant d’ancrage à la traverse. « On a eu plusieurs rencontres avec le Ministère, mais ça n’avance pas. Il y a un blocage à la CPTAQ (Commission de protection du territoire agricole du Québec). C’est pourtant un enjeu de sécurité publique », dit M. Mathieu.
Le préfet critique aussi l’imposante bureaucratie exigée aux MRC, qu’importe le type de projet, et l’impossibilité d’obtenir les fonds nécessaires en dehors d’un échéancier précis. Selon lui, le mur-à-mur ne peut s’appliquer à toutes les MRC.
« Quand on veut des subventions, ça prend des mois afin de monter un projet et le faire cadrer dans un volet. Souvent, le gouvernement propose des programmes qui ne répondent pas aux besoins immédiats. Il a pelleté plusieurs responsabilités dans notre cour, sans fournir les fonds et aides nécessaires », dénonce Patrice Mathieu.
En décembre 2024, Québec entérinait de nouvelles orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT). Les MRC possèdent un maximum de trois ans, soit jusqu’en décembre 2027, pour mettre à jour leur Schéma d’aménagement et de développement (SAD).
« Cette refonte demande beaucoup de travail, d’autant plus que 85 % de notre territoire est en zone rurale. Pendant ce temps, nos nouveaux projets de développement sont mis sur pause. On ne veut pas se battre entre nous [les municipalités de la MRC Beauce-Centre] pour des terrains. Il faut éviter notre dévitalisation », affirme le préfet.
Ce n’est pas tout
Au cœur de Beauce-Centre, d’autres problématiques subsistent au fil des années. Par exemple, la couverture cellulaire laisse encore à désirer dans certains secteurs. Plusieurs infrastructures municipales, comme les hôtels de ville et casernes incendie, nécessitent des rénovations ou reconstructions majeures.
Les maires attendent toujours les nouvelles cartes des zones inondables, promises par Québec depuis l’implantation d’un nouveau cadre réglementaire. Le renouvellement des routes, aqueducs et égouts, doit également passer en vitesse supérieure aux yeux des élus municipaux.
Patrice Mathieu rappelle que le futur député de Beauce-Nord devra traiter les MRC de La Nouvelle-Beauce et de Beauce-Centre sur le même pied. La première possède le double de population sur la seconde.
« L’entente est bonne entre les élus des deux MRC, et également avec Beauce-Sartigan. On souhaite juste une collaboration égalitaire, avec le prochain député, pour faire avancer les dossiers de la grande Beauce », conclut M. Mathieu.
