Encore des hydrocarbures au barrage Sartigan
ENVIRONNEMENT. Plus de 13 ans après la tragédie de Lac-Mégantic, un rapport confirme l’augmentation des concentrations en hydrocarbures dans le bassin du barrage Sartigan à Saint-Georges. Le phénomène est ciblé, touchant deux des 14 stations d’échantillonnage du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).
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Lors du déraillement en juillet 2013, 100 000 litres de pétrole non raffiné se sont retrouvés dans la rivière Chaudière. Les hydrocarbures pétroliers ont descendu le cours d’eau de Mégantic jusqu’en Beauce, causant des impacts majeurs sur l’écosystème local. Des estacades avaient permis de capter une large partie de ce déversement pétrolier.
Au fil des années, le MELCCFP effectuait des suivis environnementaux caractérisant la contamination des sédiments et l’état général de la rivière Chaudière, le plus récent remontant à 2023. C’est dans celui-ci que le Ministère constate une légère augmentation de contamination des sédiments, après des diminutions continues entre 2014 et 2023.
« Cette augmentation […] pourrait être attribuable à l’hydrodynamisme de la rivière, à la crue printanière et à la débâcle des glaces au printemps. Ces phénomènes favorisent, au fil des ans, un certain déplacement des particules fines et des hydrocarbures résiduels vers l’aval. À l’approche du barrage Sartigan, une partie de ces hydrocarbures sédimentent dans le bassin d’eau calme créé par le barrage. Cette observation est renforcée par la constatation d’une diminution de la concentration dans les secteurs en amont », précise le rapport du MELCCFP.
Les deux stations touchées se situent sur la rive sud-est du bassin. « D’autres sources de pollution urbaines ou industrielles ponctuelles ont pu également contribuer aux concentrations mesurées en 2023 dans le bassin du barrage Sartigan », mentionne aussi ce document du Ministère.
Atténuation naturelle
Les conclusions du rapport remontant à trois ans, le MELCCFP prévoit échantillonner la zone d’accumulation de sédiments fins, dans le bassin du barrage, à moyen terme. La prise d’eau potable de la ville de Saint-Georges, située dans le secteur, justifie notamment cette analyse supplémentaire. Pas question de prendre des mesures draconiennes pour retirer les hydrocarbures en question.
« Selon le cadre d’analyse du bénéfice environnemental net adopté par l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (US EPA), la méthode de restauration considérée à ce stade est l’atténuation naturelle de la contamination, couplée à du suivi environnemental », indique Josée Guimond, relationniste au MELCCFP.
Néanmoins, selon le Ministère, cette dernière étude demeure importante pour mieux comprendre le rétablissement d’une rivière après un événement de cette ampleur. « Peu d’études à long terme, qui examinent plusieurs composantes d’un écosystème d’eau douce, ont été réalisées dans le monde à la suite d’un déversement majeur de pétrole », peut-on lire.
Les autres niveaux de contamination par les hydrocarbures, préoccupant le Ministère, se trouvent dans les premiers kilomètres de la rivière Chaudière à partir de Lac-Mégantic. Il n’existe aucune restriction pour la pêche sportive, malgré un taux élevé d’érosion des nageoires suggérant une pression environnementale toujours présente.
Le rapport complet est disponible sur environnement.gouv.qc.ca/lac-megantic.
