Franco Lachance combatif jusqu’à la fin

N.D.L.R. : Ce portrait a été réalisé en regard du prochain Relais pour la vie de Beauce, qui aura lieu ce samedi 6 juin, de 16 h à minuit.

Décédé le 22 mars 2026 à l’âge de 47 ans, Franco Lachance combattait un cancer du pancréas. Ce résident de Saint-Gédéon-de-Beauce, véritable Roger Bontemps, aura cru jusqu’au bout à sa guérison. « Nous avons reçu une dose d’amour incroyable de la population. Franco avait zéro malice. Il aimait tout le monde », indique sa conjointe, Andrée Moisan.

En janvier 2025, Franco Lachance recevait son diagnostic. Le cancer du pancréas, particulièrement agressif, est l’un des plus difficiles à traiter en médecine. Comble de malchance, l’importante masse au pancréas du Beauceron pressait une artère reliant cet organe à l’intestin.

Étant donné la complexité du cas, aucun chirurgien ne voulait l’opérer au Québec. Franco Lachance se tourne alors vers les États-Unis pour subir une chirurgie de Whipple. « Les chirurgiens là-bas font souvent ce genre d’opération délicate. Ici, ils n’en faisaient pas assez souvent pour prendre le risque », nous disait M. Lachance, lors d’une entrevue en octobre 2025.

Ce même automne, Team Franco voit le jour. Le groupe amassait des fonds pour payer les dépenses hospitalières en sol américain, qui se sont étalées tout au long de l’année dernière.

Vêtements promotionnels, tournoi de dekhockey et de cornhole, parcours d’Halloween, spectacle musical, cueillette de contenants consignés… des milliers de personnes soutenaient le mouvement. Des pressions citoyennes auront aussi convaincu la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) de payer les coûts de l’opération.

Les derniers milles

Deux mois après le décès de Franco, Andrée Moisan acceptait de nous rencontrer au domicile familial. Avec émotion, elle raconte pourquoi cette chirurgie de Whipple n’a jamais eu lieu.

« Pour que l’opération soit possible, Franco devait arrêter sa chimiothérapie pendant deux mois. Début décembre, on s’est rendu à la clinique Mayo de Rochester [au Minnesota]. L’examen préparatoire montrait que des métastases avaient atteint les poumons et le foie. Le chirurgien était honnête. Il nous disait que l’opération ne servirait à rien », précise celle-ci.

Refusant de baisser les bras, Franco Lachance revient au Québec pour poursuivre sa chimiothérapie. Ce geste lui offrira quelques semaines supplémentaires parmi les siens, sans améliorer significativement son état de santé.

Il passera les six derniers jours de sa vie à la Maison Catherine de Longpré. « Je me rappelle de Julie, qui jouait du piano, et de Caroline, qui s’occupait de nos enfants. Le personnel était incroyable », se souvient Mme Moisan, affirmant la même chose pour l’ensemble du personnel médical ayant traité Franco Lachance.

Importance de partager

S’il reste des fonds recueillis par Team Franco, après avoir payé toutes les factures liées à cette histoire, Andrée Moisan les redonnera à des causes locales. « Franco aurait voulu ça. Nous garderons toujours vivant son souvenir », mentionne-t-elle.

Lorsqu’on lui parle du Relais pour la vie, Andrée insiste sur l’importance de tenir ce genre d’événement. Son conjoint, le père d’Elliot et Marie-Axelle, ne doit pas être décédé en vain. Au-delà des fonds amassés pour la recherche sur le cancer, il s’agit d’un lieu de partage auprès de gens ayant vécu une épreuve similaire.

« On ne doit pas hésiter à aller chercher de l’aide et des conseils, si l’on en ressent le besoin. La première semaine, après le décès de -Franco, je n’ai jamais été seule. Il faut parler de ce que l’on ressent », conclut Andrée Moisan.