IPS : au service des patients et de la population
SANTÉ. Il y a 20 ans, les premières infirmières praticiennes spécialisées (IPS) étaient autorisées à pratiquer au Québec. Leur rôle a changé au fil des ans, celles-ci occupant une place de plus en plus importante dans le réseau de la santé, surtout avec la pénurie de médecins qui, en parallèle, s’est accentuée au fil des ans.
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Tout récemment, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) annonçait que 155 IPS avaient obtenu leur certificat de spécialiste à la suite de l’examen tenu le 3 novembre dernier. Ce résultat permettait alors au Québec de franchir un jalon important en dépassant l’objectif fixé de 2 000 IPS d’ici la fin de l’année, avec 2 057 professionnelles en exercice.
En Chaudière-Appalaches, selon des données émanant du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS-CA), on retrouve 82 IPS dans 50 sites différents, celles-ci œuvrant globalement dans les groupes de médecine familiale (GMF), en clinique médicale, dans les hôpitaux, en CLSC et dans certains organismes communautaires. Les spécialités sont tout aussi nombreuses, allant des soins de première ligne (IPSPL), à la santé mentale (IPSSM) en passant par la néonatalogie (IPSSN), les soins pédiatriques (IPSSP) ou encore les soins aux adultes (IPSSA).
« Une IPS il y a 20 ans et une IPS en 2026, ce n’est plus la même chose, car notre rôle s’est élargi, surtout dans les dernières années avec les dernières lignes directrices du ministère. On s’investit dans plus de projets pour augmenter l’accès populationnel », indique Lauryane Boulette, IPS de première ligne au Centre de santé des Etchemins.
Originaire de Stornoway et diplômée de l’Université de Sherbrooke, la jeune IPS de 29 ans a choisi d’œuvrer dans les Etchemins, il y a trois ans, en raison de la pratique collaborative qu’on retrouvait. Cinq IPS de première ligne œuvrent sur le territoire etcheminois, deux à Lac-Etchemin et trois à Saint-Prosper.
« Je savais que je voulais devenir IPS avant même d’être infirmière bachelière. Je suis allée chercher, sur le terrain, les heures d’expérience requises pour faire ensuite ma maîtrise, soit 3 360 heures, dont 1 900 heures dans le domaine de pratique que l’on souhaite faire. Comme je voulais devenir IPS en première ligne, j’ai fait de l’urgence, des soins courants, du soin à domicile et autres, puis j’ai fait ma maîtrise à l’Université de Sherbrooke », indique-t-elle.
Après avoir effectué son stage à Saint-Hyacinthe, l’offre de pratique, dans les Etchemins, a attiré son attention lorsqu’est venu le temps de trouver un emploi. « Je cherchais un milieu assez inclusif avec une pratique collaborative et variée. J’ai choisi le GMF universitaire de Lac-Etchemin, car je voulais partager mes connaissances et faire de l’enseignement, ce qui est le cas ici. »
Elle ajoute que le volet enseignement se déroule autant auprès des résidents en médecine que des travailleurs sociaux, des étudiants-IPS et des externes en médecine. « Nous avons actuellement sept résidents en médecine, un étudiant IPS et des membres d’autres professions qui sont impliqués là-dedans. On enseigne beaucoup à cette clientèle et on fait beaucoup de supervision de stages. Nos résidents en médecine, au même titre que nos étudiants-IPS et nos externes en médecine, ne sont pas encore autonomes dans leur pratique, alors on va faire de la pratique de supervision avec eux, ainsi que de l’enseignement tous les mercredis après-midi. »
Toujours selon Mme Boulette, les patients ont l’habitude de ce mouvement. « J’ai un groupe de patients qui seront attribués à nos résidents ou étudiants en médecine ainsi qu’à nos étudiants IPS. Pendant son cursus, chaque élève suivra un ou des patients en particulier et dès que cet étudiant quittera, un autre prendra la relève et ainsi de suite. Nos patients deviennent ainsi de bons partenaires dans ce processus d’enseignement. »
En support aux médecins
Dans la pratique de tous les jours au GMF universitaire des Etchemins, en dehors des heures de formation, Mme Boulette et sa collègue IPS travaillent en collaboration avec un groupe de 14 médecins auquel une 15e personne devrait s’ajouter prochainement, précise-t-elle. Si les IPS viennent en support aux médecins de famille et autres membres du personnel en place, elles ne remplaceront jamais les médecins, rappelle-t-elle.
« Cela reste une pratique collaborative en ce sens que lorsque ça dépasse mes champs de compétence ou d’expertise, je vais collaborer avec les médecins partenaires. On ne les remplace pas, mais on collabore avec eux pour offrir le plus de services possible. »
