« Le Canada a perdu beaucoup de crédibilité » 

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Par Frederic Desjardins
« Le Canada a perdu beaucoup de crédibilité » 
Selon Richard Lehoux, les députés conservateurs ont écouté les manifestants et tenté de porter leur message au Parlement.  (Photo : gracieuseté - Bernard Thibodeau)

Selon Richard Lehoux, député de Beauce, le gouvernement fédéral n’avait pas à imposer la Loi sur les mesures d’urgence pour contrôler les débordements des récentes manifestations.

Comme les autres membres du Parti conservateur, il a voté contre cette loi le lundi 21 février à la Chambre des communes. Deux jours plus tard, le premier ministre Justin Trudeau a annulé le recours à cette législation.

« Les différents blocages au pays ont été réglés avec les mesures policières habituelles. Pendant une semaine, le gouvernement et la police d’Ottawa savaient qu’il y avait un convoi de camionneurs en route vers le Parlement », indique M. Lehoux, estimant que ces deux groupes avaient amplement le temps de se préparer.

Il comprend pourquoi quelques députés du Parti conservateur ont rencontré des camionneurs. Quand la manifestation s’est transformée en siège, Richard Lehoux rappelle que Candice Bergen, chef par intérim du Parti conservateur, a demandé aux manifestants de quitter les lieux pacifiquement.

« Justin Trudeau a traité ces gens-là de tous les noms. Ça n’a fait que jeter de l’huile sur le feu. Les députés conservateurs ont écouté et tenté de porter leur message au Parlement », affirme Richard Lehoux.

L’obligation vaccinale pour les camionneurs traversant la frontière américaine, point de départ contestataire du Convoi de la liberté, inquiétait des entrepreneurs du comté de Beauce.

« Après les Fêtes, j’ai contacté plusieurs entreprises préoccupées par cette vaccination obligatoire. Quatre fardiers beaucerons se sont stationnés devant mon bureau à Ottawa. Nous demandons toujours au gouvernement de présenter un plan clair de déconfinement pour les mesures sanitaires sous la responsabilité du fédéral », mentionne M. Lehoux.

Salaire et chefferie

Un récent sondage de la Fédération canadienne des contribuables (FCC) confirme que 79 % des Canadiens s’opposent à la hausse de salaire des députés fédéraux en 2022. Chaque 1er avril, les élus reçoivent une augmentation selon l’Indice des prix à la consommation (IPC).

Depuis son élection en octobre 2019, Richard Lehoux verse le montant net de ces augmentations à des organismes communautaires de la région.

« Une loi a été adoptée (salaire) avant mon élection comme député. Beaucoup de gens souffrent de la pandémie. C’est une façon simple de venir en aide à ma communauté », explique M. Lehoux.

Sur la course à la chefferie du Parti conservateur, il attendra de connaître les règles du jeu avant d’appuyer un candidat. « J’espère qu’il y aura au moins trois candidats pour créer des débats d’idées », précise celui-ci.

Ukraine

Lors de notre entrevue avec Richard Lehoux (24 février), la Russie est entrée en guerre avec l’Ukraine. Trouvant la situation inquiétante, il admet que le Canada possède des moyens limités pour intervenir dans ce conflit.

« Le Canada devrait quand même s’affirmer plus en soutien à l’Ukraine. Quand la Russie a annexé la Crimée (2014), Stephen Harper a monté le ton contre Vladimir Poutine. Ce conflit aura des répercussions partout sur la planète », conclut M. Lehoux.

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