Le grand défi du Beauceron Jean-Yves Roy

À la tête de l’Institut national d’optique (INO) de Québec depuis les 11 dernières années, le Beaucevillois d’origine, Jean-Yves Roy, actuel président et directeur général, désire positionner son organisation comme étant le berceau de l’innovation en optique et photonique au pays avec l’appui des gouvernements.

Employant près de 200 personnes, l’INO est considéré comme un centre de recherche en optique et photonique de renommée mondiale. Pour demeurer parmi les leaders dans ce domaine, le PDG de l’INO admet que les gouvernements devront faire davantage, et ce, à l’aube d’une quatrième révolution industrielle.

«L’aide financière des gouvernements du Québec et du Canada est une condition sine qua non afin de permettre à l’INO, ainsi qu’à sa clientèle, de soutenir la concurrence internationale. Au niveau du Québec, nous voulons aider plus d’entreprises, et au niveau du fédéral, c’est de permettre à l’INO de poursuivre son expansion au Canada», explique M. Roy

L’INO a vu la contribution quinquennale du fédéral augmenter de 30 à 50 M$ au dernier budget. Cependant, l’organisme demande 27 M$ supplémentaires pour financer l’expansion au Canada. «Cette reconnaissance est essentielle pour la pérennité de notre organisation. Nous sommes un OBNL. Nous ne pouvons financer notre croissance avec les profits. Nous faisons des profits, mais c’est insuffisant pour pallier aux mauvaises années», révèle le Beauceron de 64 ans.

Depuis 1988, l’INO a fait ses preuves en développant des solutions innovatrices améliorant la compétitivité d’entreprises de secteurs tels que l’agroalimentaire, la sécurité, la médecine, et l’aérospatiale notamment. «Nous sommes le meilleur véhicule pour créer une grappe de recherche en optique et en photonique au Canada», croit M. Roy.

Il ajoute que la compétition est forte mondialement parce que le modèle d’affaires de l’INO a été repris en France et en Corée du Sud. Plus au sud, un centre d’innovation a vu le jour en 2015 à Rochester aux États-Unis, et ce, avec un financement public-privé de 610 M$ US. Quelques mois plus tard, un investissement massif du privé de 1,6 G$ US créait 1400 autres emplois à ce centre.

Une bonne initiative de Québec

Jugeant que le Québec a laissé filer trop d’emplois manufacturiers par le passé, le PDG de l’INO accueille d’un bon œil l’initiative de l’État qui va consacrer 500 millions $ sur trois ans à l’innovation aux entreprises qui accordent une place de choix à la robotisation, l’automatisation et l’essor des technologies. L’INO participera à cette aventure qui sera financée à travers les fonds propres d’Investissement Québec et ceux du Fonds de développement économique.

«Plus nous aurons de ressources, plus nous allons aider nos entreprises à développer des technologies de rupture. Si on ne fait pas cela, nous allons nous faire damer le pion», conclut le PDG.

L’INO en chiffres

·       Une étude de Deloitte en 2014 a confirmé des retombées de 344 M$ au Canada ayant consolidé et créé près de 4013 emplois au pays, et ce, avec un budget de fonctionnement de 33 M$.

·       En juin 2013, le commandant Chris Hadfield a testé dans l’espace un Microflow, un laboratoire d’analyse sanguine et fluide humain développé à l’INO.

·       6000 solutions

·       233 brevets

·       63 transferts technologiques

·       30 sociétés essaimées

·       60 % des clients sont des PME

·       90 % des projets sont sur mesure

 

(Source: INO)