Le visage du commerce de détail change

Marie Edith Roy meroy@leclaireurprogres.ca

Le visage du commerce de détail change
Carrefour Saint-Georges. (Photo : (Photo L'Éclaireur Progrès - Marie Edith-Roy))

COMMERCE. C’est un secret de polichinelle, le commerce au détail vit des heures plus que difficiles et cela suscite bien des discussions et fait encore couler beaucoup d’encre.

« Allez voir sur le site de la boutique pour trouver votre grandeur. Achetez votre vêtement en ligne serait encore mieux, vous le recevrez chez vous. »

Ces paroles m’ont été lancées par une conseillère alors que je téléphonais à sa boutique pour vérifier la grandeur d’un vêtement. Je voulais mettre ce vêtement de côté pour aller l’acheter en magasin, dans ma ville, pour encourager l’économie locale. Stupéfaite par cet échange téléphonique, je me serais attendue qu’elle m’offre de le commander en magasin,

Cette expérience personnelle m’a amenée, comme représentante du journal à me demander si le service à la clientèle était en train de changer de visage comme le commerce de détail en ces temps difficiles.

Durant la pandémie, beaucoup de magasins ont pu survivre grâce à la vente en ligne. Les commerçants gardaient espoir qu’après la pandémie, les consommateurs reviendraient dans les boutiques et les travailleurs par le fait même. Force est de constater, dans la région comme ailleurs, qu’à l’heure actuelle, le manque de personnel se fait grandement sentir dans ce secteur de l’économie.

En marchant au Carrefour Saint-Georges, j’ai pu constater le nombre croissant d’espaces vides qui étaient encore, il y a très peu de temps, des boutiques. Il y a eu des fermetures avant, pendant et après la pandémie. La chaîne Bizou vient de fermer toutes ses boutiques, la bijouterie Dulac a fermé ses portes et le Salon de coiffure Jean fera de même le 31 janvier prochain.

Que ce soit pour des raisons de difficultés financières ou par manque de personnel ou d’achalandage, chaque fermeture fait mal à l’économie locale de la région.

« Notre plus grand compétiteur est le web », m’ont confié quelques gérantes de boutique qui ont accepté de parler, mais sous le sceau de la confidentialité. Le manque de personnel est le lot de bien des magasins et c’est tout un casse-tête quand vient le temps de préparer les horaires de stratégie d’ouverture.

Par l’entremise d’un courriel, le groupe Mach, propriétaire du Carrefour Saint-Georges depuis 2022, a indiqué au journal : « … que ses équipes sont en contact avec plusieurs locataires potentiels afin de bonifier l’offre commerciale du centre […]. Le commerce de détail est en évolution depuis plusieurs années et continue de l’être. De nouvelles habitudes de consommation ont été prises par les consommateurs avant et durant la pandémie, mais le magasinage en boutique et en centre commercial a regagné sa popularité d’avant la pandémie et avec les tendances constatées en 2022, nous en sommes encore plus convaincus », soutient le groupe immobilier.

Du côté de la Chambre de commerce de Saint-Georges, cette dernière a bien l’intention de venir en aide aux commerçants dans les mois à venir. Elle travaille présentement à l’élaboration d’un plan d’action pour que cesse la fermeture de boutiques.

« Oui, les gens achètent en ligne, mais beaucoup d’entre eux aiment encore aller dans les centres commerciaux. Je crois que pour survivre, les commerçants doivent avoir pignon sur rue et vente en ligne. Le marché change et il faut s’adapter. L’idéal serait d’attirer plusieurs franchises de magasins à Saint-Georges pour éviter que les gens aillent magasiner à Québec », précise Annie Gilbert, directrice générale de la Chambre de commerce.

Place Centre-Ville Saint-Georges a aussi son lot d’espaces vacants qui datent d’avant et après la pandémie. Le directeur du centre de commercial, Jean-Nil -Cloutier soutient ne pas avoir autant ressenti les contre-coups du changement dans le commerce de détail, puisqu’il dit héberger autant des services, gouvernementaux et autres, et peu de petites boutiques. Depuis la pandémie, une agence de voyage et une boutique de la chaîne Bizou ont fermé leur porte.

À quoi ressemblera l’avenir du commerce de détail en 2023, en ce qui semble être une année de récession ? L’avenir le dira.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
2 Commentaires
plus ancien
plus récent plus voté
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Caroline Grenier
Caroline Grenier
4 jours

Si le prix de location des locaux en centre d achats serait abordable, ça aiderait aussi !

Antoine
Antoine
4 jours

Est-ce qu’on peut parler des coûts mensuels des locaux qui ne cesse d’augmenter et qui étouffe les commerces? Les propriétaires de ces édifices semblent préférer un local vide qui rapporte 0, qu’un commerces qui rapporte un peu moins. Ici, on a des commerces et restuarant qui ont fermés (je pense d’ailleur à La Cage) car les propriétaires ont refusé de conserver le même tarif, alors les resto/commerces ont quitté.. c’est ridicule.