Les soins de fin de vie sont plus accessibles et mieux encadrés

En vigueur depuis le 10 décembre 2015, la Loi concernant les soins de fin de vie au Québec possède de multiples volets. Jean-Pierre Ménard a vulgarisé cette législation le 27 septembre lors d’une conférence à la Polyvalente de Saint-Georges organisée par le comité des usagers de Beauce du CISSS de Chaudière-Appalaches.

Avocat spécialisé en droit médical, Jean-Pierre Ménard connaît bien le dossier des soins de fin de vie. Il a présidé le comité de juristes experts ayant conçu le rapport Mourir dans la dignité qui a mené à la création de la loi.

«La loi laisse décider au patient le moment et la manière dont il souhaite mourir dans certaines situations particulières. Aucun traitement pour prolonger la vie ne doit être donné si vous ne le voulez pas. Refuser un soin est un droit exigible», rappelle M. Ménard.

Consentement éclairé

Autant pour les soins palliatifs que l’aide médicale à mourir, le patient ne peut y avoir accès qu’après avoir donné un consentement clair et précis.

«Le médecin doit adapter son discours pour que vous le compreniez bien afin d’exprimer votre volonté. Le consentement doit être donné sans aucune pression de l’entourage. La décision revient toujours au patient», mentionne Jean-Pierre Ménard.

La loi protège également les personnes vulnérables qui ne peuvent exprimer clairement leur volonté. M. Ménard cite en exemple le cas d’une personne atteinte d’Alzheimer au stade avancé qui n’aurait pas signé un mandat de protection (inaptitude) lorsqu’elle avait encore toutes ses facultés mentales.

«C’est une hérésie de penser qu’on pourrait éliminer tous les cas de démence dans les CHSLD avec l’aide médicale à mourir. On ne peut pas faire ça si la personne ne veut pas ou n’est pas apte à le demander. La loi possède plusieurs verrous pour éviter les dérapages», soutient ce dernier.

Options complémentaires

Qu’importe son choix, le patient peut changer d’idée à tout moment au droit de son autonomie. Pour Jean-Pierre Ménard, les soins palliatifs et l’aide médicale à mourir ne doivent pas être présentés au public comme des options concurrentes.

«Le patient a simplement plus de choix aujourd’hui, y compris la sédation palliative continue où le patient est endormi au lieu de continuer sa vie relationnelle. C’est devenu une pratique courante en soins palliatifs», précise-t-il.

Le cabinet d’avocat Ménard Martin a créé un outil web pour mieux renseigner les citoyens sur leurs droits en santé, y compris pour les soins de fins de vie. On peut en savoir plus en visitant le www.vosdroitsensante.com.