L’urgence de Saint-Georges : un dossier prioritaire pour le CISSS-CA?

Le Centre intégré de santé et services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSS-CA) clame que les problèmes d’accessibilité de l’urgence de l’Hôpital de Saint-Georges sont prioritaires. À l’opposé, la syndicaliste Manon Larochelle brosse un portrait sombre de la gestion de l’établissement en raison de compressions passés et à venir.

La direction des communications du CISSS-CA n’a pas voulu accorder une entrevue au Journal pour y discuter des problèmes soulevés à Saint-Georges dans le récent rapport du Commissaire de la santé et du bien-être du Québec, Robert Salois. Voici le courriel envoyé à la rédaction par l’agente d’information du CISSS-CA, Mireille Gaudreau: «Nous sommes conscients que nous avons des choses à améliorer. Présentement, une analyse de la situation est en cours afin de bien identifier les causes. Par la suite, nous pourrons travailler à mettre en place des solutions afin d’obtenir des résultats durables.»

«Ça fait longtemps qu’on apporte les solutions, mais il y a toujours de la résistance. Ils ne nous écoutent pas. Il existe toujours une fermeture du moment que les professionnels en soins veulent prendre en force les actes délégués», révèle Manon Larochelle, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de Québec représentant 800 membres en Beauce.

Il manque bien plus que des médecins

La présidente régionale souligne que deux médecins sont d’office à l’urgence le jour et un seul, la nuit. Or, même durant le jour, il peut arriver que l’un des médecins, s’occupant des cas mineurs, doive accompagner un patient lors d’un transfert vers un autre établissement provoquant des délais d’attente interminables. «Ça s’entasse dans la salle d’urgence, puisqu’ils doivent attendre le retour du médecin avant d’en voir un», souligne Mme Larochelle.

Elle ne veut pas blâmer l’établissement pour le manque de médecins de famille et à l’urgence qui sont des facteurs qui alourdissent les temps d’attente à l’hôpital. «C’est une lacune difficile à gérer. Au niveau du personnel, ils sont capables de mettre les effectifs suffisants. Nos membres à Saint-Georges ont peine à prendre leur heure de dîner. Les pauses, ils ne connaissent plus cela. Depuis l’annonce des fusions, nous avons perdu énormément de postes au sein de nos centres d’activités et à l’urgence», décrie Mme Larochelle.

«Pourquoi on ne déploie pas des super infirmières à l’urgence pour s’occuper des cas moins urgents ? À ce moment-ci, ils ne font pas une utilisation optimale de ces infirmière praticiennes en Chaudière-Appalaches», critique la présidente.

Mais encore là, Mme Larochelle craint que ce problème ne puisse être réglé en raison de nouvelles compressions de 14,5 M$, dont 4,8 M$ au volet clinique, annoncées à la dernière réunion du conseil d’administration du CISSS-CA. «Le personnel est en souffrance, les soins sont en souffrance et je ne comprends pas comment ils vont encore couper au volet clinique. Je ne les suis plus. Je crois parfois que la direction porte des lunettes roses», lance la présidente.

Elle termine en invitant les membres du conseil d’administration et de la direction de suivre son personnel pendant 24 heures pour comprendre leur réalité.