Megan Pépin et son inspirant parcours agricole
AGRICULTURE. Megan Pépin fêtera son 22e anniversaire le jour de Noël. Cette résidente de Saint-Éphrem possède deux buts précis en tête : reprendre la ferme familiale et sensibiliser ses concitoyens à l’importance de l’agriculture.
« Mes deux parents sont entrepreneurs. Ma mère Denise était la propriétaire-fondatrice de la Vieille Armoire à Saint-Georges. Mon père Nelson représente la troisième génération de la Ferme Nelpaco. Je travaille à devenir la quatrième génération », confirme Megan Pépin.
Entourée de poules et vaches laitières, donnant un coup de main régulier sur la ferme, elle ne se prédestinait pas nécessairement à une carrière agricole. Après ses études au Programme d’éducation internationale (PEI) de la polyvalente Saint-François à Beauceville, Megan tente sa chance au collégial en Sciences humaines.
« Rapidement, j’ai vu que ça n’était pas pour moi. Je suis allée travailler pour ma mère et à l’école Curé-Beaudet [service de garde et aide à la classe], en plus d’aider à la ferme », dit celle-ci.

Au même moment, Megan Pépin suit l’attestation d’études collégiales (AEC) en Gestion d’entreprises agricoles du Cégep Beauce-Appalaches. « Ça a été deux ans de travail le soir en ligne. Ça représentait beaucoup de travaux et laboratoires. En même temps, j’accumulais de l’argent [avec mes emplois] tout en développant mes compétences en gestion auprès d’autres professionnels », mentionne cette dernière.
Exemplaire et visionnaire
Pour son parcours remarquable comme étudiante, Megan Pépin reçoit deux bourses du Collectif régional en formation agricole (CRFA) et de Sollio Agriculture/Avantis Coopérative. L’argent a été réinvesti pour l’achat de quotas de poules pondeuses.
« Avant de reprendre la Ferme Nelpaco, je dois faire mes preuves. Avec mon père, nous voulons passer de 5 000 à 30 000 poules pondeuses et avoir notre propre élevage de poussins. On est dans un processus de vendre nos 60 vaches Holstein pour se concentrer uniquement sur la production d’œufs. Nos terres cultivables [100 acres] seront louées à forfait », précise Megan, la Ferme Nelpaco comptant aussi une érablière de 4 000 entailles.

Sur la sensibilité agricole citoyenne, Megan Pépin concocte notamment une initiative impliquant les classes en maternelle de l’école Curé-Beaudet. « Ils auront accès à deux incubateurs pour suivre la fécondation des œufs et leurs éclosions », indique-t-elle, rappelant également son désir de s’impliquer administrativement auprès de l’Union des producteurs agricoles (UPA).
Lorsqu’on souligne son talent à concilier les tâches, ainsi que sa maturité professionnelle et émotionnelle pour son jeune âge, Megan Pépin prend le tout avec humilité. « C’est naturel chez moi. Je veux une maison et quatre enfants. Ma vie est à la ferme », conclut la jeune femme avec le sourire.
