MRC des Etchemins : des quotes-parts en hausse de 6,43 %

MUNICIPAL.  Le budget de fonctionnement de la MRC des Etchemins sera de 5 388 496 $ en 2026, en hausse sur celui de 2025 qui s’établissait à un peu plus de 5,1 M$. C’est par une majorité de 12 contre un que les élus ont adopté ces prévisions budgétaires, le mercredi 26 novembre.

Du point de vue des revenus, 2 409 192 $ proviendront des municipalités par le biais des quotes-parts qui seront en hausse de 6,43 %. Le reste des revenus proviendra de diverses sources et programmes gouvernementaux (2 405 007 $) et de sources diverses, dont une appropriation de 213 700 $ des surplus non affectés de la MRC, somme permettant de couvrir certaines dépenses en lien avec le siège social (prêt et immobilisations) et d’abaisser le taux des quotes-parts chargées aux 13 municipalités.

Cette hausse de 6,43 % des quotes-parts a fait sourciller certains nouveaux maires qui, se faisant les porte-paroles de leurs conseils respectifs, ont partagé les questionnements et préoccupations de ceux-ci.

La directrice générale adjointe, Marie-Josée Fontaine, a expliqué que 50 % des salaires financés par des subventions et programmes venaient des différents ministères et qu’en ce sens, ils n’avaient aucun impact sur les quotes-parts. Elle a ajouté que la masse salariale augmenterait de 2,5 %, en fonction de la convention collective en vigueur, et que la hausse des quotes-parts était principalement en lien avec les départements de l’aménagement, de l’administration et du développement économique, ainsi que de nouvelles modalités en provenance du Fonds régions et ruralité (FRR), volet 2, qui ne permet plus de financer une partie des salaires de cadres, ce qui était permis auparavant, les frais administratifs admissibles étant passés de 20 % à 5 %.

L’appropriation d’une partie du surplus, soit 213 700 $, comprend une somme de 63 700 $ pour le prêt du siège social de la MRC, 100 000 $ pour des travaux d’amélioration de celui-ci et 50 000 $ pour abaisser le taux des quotes-parts chargées aux municipalités.  

Des interrogations

Bien qu’ils aient appuyé le projet, certains maires ont exprimé leur malaise envers celui-ci et cette nouvelle hausse des quotes-parts. C’est le cas notamment du nouveau maire de Saint-Magloire, Jean Tanguay, qui a fait remarquer que les quotes-parts avaient augmenté de façon très importante au cours des trois dernières années, sans oublier la fin des sommes consenties aux municipalités via le PSPS, « sans savoir quand celles-ci reviendraient et de quel ordre celles-ci seraient. » Il a d’ailleurs invité la MRC à venir faire des présentations aux membres de son conseil, afin de dissiper les incompréhensions pouvant émaner de leur part.

Il en va de même pour la nouvelle mairesse de Sainte-Aurélie, Annie Labbé, qui a dit ne pas comprendre pourquoi la hausse des quotes-parts était trois fois plus élevée que le coût de la vie, alors que les conseils municipaux tentaient de boucler leurs budgets en tenant compte de cette hausse.

Soulignons que la mairesse de Sainte-Sabine, Luce Bisson, est la seule qui a voté contre l’adoption de ce budget par principe, a-t-elle indiqué, rappelant la réalité des petites municipalités comme la sienne « qui sont accotées de partout » et aux prises avec des dépenses grandissantes.

Stabilité et transparence

Le nouveau préfet, Christian Chabot, consent que la hausse des quotes-parts est importante, ajoutant toutefois qu’une certaine stabilité était à prévoir dans le futur. Il a dit observer l’inquiétude de certains maires, principalement ceux qui ont été élus récemment ou qui sont à la tête de conseils municipaux renouvelés. Il s’est dit en accord avec les propos des maires s’étant exprimés sur l’importance, pour la MRC, de bien expliquer à celles-ci la teneur des services qu’elle offre aux municipalités, ajoutant que le lac à l’épaule des 12 et 13 mars prochains permettra ces échanges.

« La MRC devait faire du rattrapage au cours des dernières années, que ce soit au niveau des infrastructures, mais aussi du côté administratif et des salaires, afin d’être attrayante. On a augmenté notre attractivité et notre compétence, ce qui a mené à la réalisation de bien des projets. Cela a un coût », précise-t-il, en ajoutant que cette mouvance coïncidait aussi avec l’arrivée du plan de relance et qu’une fois celui-ci accordé, il fallait mettre en place une structure et avoir du personnel compétent ainsi que des directeurs de département pour gérer la croissance.

« Nous sommes aussi sensibles à la réalité des plus petites municipalités, pour qui ce n’est pas toujours facile. On veut voir comment on peut poursuivre le développement de la MRC, tout en respectant la capacité de payer de tout le monde. Cela reste un défi et il faut faire cela dans la transparence. »