Saint-René : peu de réponses pour les citoyens du Domaine du Versant
MUNICIPAL. Une dizaine de résidents du Domaine du Versant se sont présentés au conseil municipal de Saint-René le 10 mars, décidés à se faire entendre. Après des années de frustrations, ils veulent que leurs questions sur l’entretien des rues cessent d’être ignorées.
Rappelons qu’en mai 2025, L’Éclaireur Progrès avait assisté à une séance du conseil municipal de Saint-René pour des raisons similaires. Le conflit entre la Municipalité et le promoteur E. J. Bilodeau dure depuis plus de dix ans. Les citoyens dénoncent l’état pitoyable des rues et souhaitent leur municipalisation afin d’en assurer l’entretien. Les deux parties peinent encore à s’entendre.
« Nous sommes des payeurs de taxes. On appelle la Municipalité et on se fait répondre les mêmes niaiseries que l’année passée et l’autre d’avant, que les rues sont privées et que vous ne pouvez rien faire », a lancé un résident. « On nous a dit de voter pour un nouveau conseil pour qu’il y ait du changement. Ce n’est pas ce que l’on a », a ajouté un autre. Le groupe déplore aussi l’apparition récurrente de nouvelles problématiques sans détails sur celles-ci.
Des rencontres bénéfiques
La Municipalité et le promoteur, Éric Bilodeau, estiment que les discussions avancent dans la bonne direction. Plusieurs rencontres ont eu lieu ces dernières semaines. « On doit faire une entente comme s’il y en avait eu une, mais il n’y en a pas eu. Certains éléments sont bien faits, d’autres moins. C’est ce que l’on analyse présentement », explique Paul Langlois, conseiller spécial et ancien directeur général par intérim.
« Les normes en vigueur en 2011 diffèrent de celles d’aujourd’hui. La Municipalité doit s’assurer de pouvoir entretenir les rues qui deviendront sa propriété. […] Vouloir être informé est légitime, mais jusqu’à quel niveau ? C’est ce qu’il reste à déterminer. Nous n’avons jamais voulu cacher de l’information », ajoute-t-il.
L’une des deux ententes, concernant les rues en construction, est sur le point d’être signée, selon M. Langlois. Pour la deuxième, qui touche les rues déjà complétées, dont celle du Domaine du Versant, des vérifications sont encore nécessaires avant d’arriver à une entente. « On aurait aimé donner une date précise aujourd’hui, mais ce n’est pas possible. La complexité du dossier exige du temps », précise la directrice générale, Saadia Brini.
Une perte de confiance
Rencontrés après la séance publique, les résidents du secteur restent sceptiques quant à une résolution rapide. « On a l’impression de faire rire de nous », ont-ils lancé. En mai 2025, un comité de citoyens avait été créé pour mieux suivre les démarches. Selon eux, ils ont été rapidement écartés des discussions. Les résidents ont réitéré leur demande d’être présents aux rencontres entre la Municipalité et le promoteur. La Municipalité précise que la présence de citoyens dépend de l’accord du promoteur, qui s’est dit ouvert à un comité.
Un entretien des rues demandé
Lors de cette même soirée, les résidents du Domaine ont demandé au conseil de s’engager à l’entretien des rues ce printemps, même si l’entente n’est pas encore signée. « Vous avez été habitués à certains services et leur retrait peut surprendre. On souhaite vous accommoder au mieux. […] On ne peut pas aujourd’hui vous garantir que nous allons le faire. Envoyez-nous un courriel et on va vérifier ce que l’on peut faire. Il y a une démarche juridique à respecter. Il ne faut pas répéter les mêmes erreurs du passé », de leur répondre Mme Brini.
