S’améliorer pour mieux servir les producteurs forestiers

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Par Frederic Desjardins

Présenté les 4 et 5 juin au Georgesville, le 46e Congrès de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) rassemble une centaine de délégués.

Ces membres représentent plus de 35 000 producteurs forestiers pour l’ensemble de la province dans ce congrès ayant comme thème «S’améliorer pour mieux servir les producteurs forestiers».

Jeudi, ceux-ci ont notamment assisté à des conférences et ateliers sur des sujets comme l’évolution des besoins en services des producteurs forestiers et les leçons des autres secteurs pouvant être transposées à la filière forestière.

«Avant, il y avait un syndicalisme de conviction. On constate aujourd’hui qu’il s’agit plus d’un syndicalisme de consommation. Les gens sont prêts à devenir membres, mais demandent en retour ce que ça peut rapporter comme services», précise Marc-André Côté, directeur général de la FPFQ.

Marché et climat d’affaires

Dans la dernière décennie, le milieu forestier a subi des coups durs entre autres à cause d’une forte baisse dans le marché américain de la construction. Plusieurs scieries et usines de pâtes et papier ont également diminué leurs activités ou carrément mis la clé dans la porte.

«Même si l’on sent une reprise dans le marché, les producteurs font face à de nombreux obstacles. Il y a les taxes foncières plus élevées, des règlementations municipales plus contraignantes et le prix du bois qui a baissé», souligne M. Côté.

C’est pourquoi la FPFQ veut que le gouvernement provincial consacre du temps à améliorer le climat d’affaires des producteurs forestiers.

«Les budgets des programmes soutenant l’aménagement forestier sont en forte réduction depuis six ans, le traitement fiscal du revenu forestier est inadéquat et la concurrence exercée par le bois de la forêt publique est en croissance», croit Pierre-Maurice Gagnon, président de la FPFQ.

Selon une étude de l’organisme, l’amélioration de ce climat d’affaires doublerait le nombre d’heures travaillées et accroîtrait le nombre d’emplois directs liés aux activités sylvicoles en forêt privée et à la transformation des bois en usine.

Potentiel et relève

Sur le potentiel de récolte annuelle de 16 millions de mètres cubes à l’intérieur de 6,5 millions d’hectares de forêts, plus de la moitié (neuf) sont encore inutilisés.  

«Vous êtes chanceux en Beauce. Les propriétaires de lots boisés sont très actifs sur leurs terres autant pour la production de bois que celle du sirop d’érable», mentionne Marc-André Côté.

Ce dernier croit en l’existence d’une relève familiale et de petits et moyens producteurs pour acheter et exploiter les forêts privées.

«On reste préoccupé par l’accaparement des terres par des grandes firmes d’investissement. Heureusement, la majorité des terres forestières privées sont de petits lots», conclut M. Côté.

Faits saillants sur la forêt privée au Québec

16 % : Pourcentage que représente la forêt privée au sein de toutes les forêts productives au Québec

94 % : Potentiel de mise en valeur forestière des forêts privées

130 000 : Propriétaires de boisés possédant une superficie forestière de plus de quatre hectares permettant la mise en valeur forestière du boisé

35 000 : Propriétaires de boisés enregistrés comme producteurs forestiers

1,4 milliard : Arbres plantés sur les terres des propriétaires forestiers depuis 1973

3 à 6 Mm3 : Livraison annuelle de mètres cubes de bois aux usines de transformation de produits forestiers par des producteurs selon la demande des marchés

200 à 300 M$ : Valeur annuelle des livraisons de bois en provenance de la forêt privée

14 à 18 % : Pourcentage du bois récolté en forêt privée contribuant aux approvisionnements de l’industrie forestière

24 860/2,5 G$ : Emplois et chiffre d’affaires reliés aux activités sylvicoles en forêt privée en 2012

* Source : Fédération des producteurs forestiers du Québec

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