Tannés des odeurs et dommages de Royal Mat
ENVIRONNEMENT. Une vingtaine de citoyens se sont déplacés le lundi 6 juillet, à la réunion mensuelle du conseil municipal de Beauceville. À bout des odeurs nauséabondes et de la suie venant de Royal Mat, entreprise recyclant les pneus hors d’usage dans le parc industriel, ils exigent une intervention de la Ville pour régler cette problématique.
Richard Duval avait déjà fait part de sa situation lors de la réunion du 1er juin, en plus de donner des entrevues aux médias locaux. Prenant la parole en premier à la période de questions, il demandait un suivi sur ses interrogations précédentes.
« En travaillant tous ensemble, élus et citoyens, on pourrait probablement trouver une solution. Est-ce qu’une pétition serait la meilleure solution ? Après avoir rempli plusieurs fiches d’odeurs auprès du ministère [de l’Environnement], il n’y a pas grand-chose qui bouge. Peut-être que vous avez des réponses que je ne sais pas », se questionnait-il.

« J’ai commencé par une démarche d’acquisition de connaissances pour savoir où on en était. Le Ministère, à part vos déclarations d’odeurs, n’a pas d’autres informations. On part de quasiment zéro », avouait le maire Patrick Mathieu.
Serge Vallée, directeur général de la Ville, était la personne déléguée par le conseil dans l’exécution des suivis. En faisant une plainte de groupe au ministère de l’Environnement, regroupant la ville de Beauceville et les citoyens, il restait surpris que celle-ci soit comptabilisée comme la critique négative d’un seul individu.
« J’ai vu qu’on n’avait pas autant de pouvoir [comme Ville] qu’on pensait. Le Ministère veut plusieurs plaintes détaillées. Les plaintes anonymes, il ne les considère pas. Plus vous ferez des plaintes, plus le maire aura le pouvoir de faire monter ça plus haut [au gouvernement] », expliquait M. Vallée.

Selon lui, le certificat d’autorisation environnemental de Royal Mat n’exige aucun suivi automatique de leurs rejets. « L’usine est sur un régime [en environnement] aux règles antérieures à 2004. J’ai dit aux fonctionnaires, on est en 2026, ça a évolué. Malheureusement, ça ne se fait pas comme ça. Les entreprises ne passent pas automatiquement d’une norme à une autre », précisait le directeur général, invitait les gens présents à lancer leur pétition.
Émotions dans l’air
Plusieurs citoyens se sont relayés au micro pour expliquer leurs histoires personnelles. Parmi eux, Johanne Roy confirmait l’impossibilité d’ouvrir ses fenêtres en raison des odeurs. Elle craint pour la santé des résidents de son quartier.

« Les gens ont peur d’en parler publiquement, mais cette année, c’est de pire en pire. On n’est pas capable d’étendre notre linge ou de manger à l’extérieur. Ceux qui ont des maisons et luminaires pâles, on est obligé de les changer. Ils sont pleins de suie. Ça se lave plus », dénonçait-elle.
Photos à l’appui, Jean-Pierre Mathieu a montré les dommages à sa résidence et ses objets extérieurs causés par la suie. Un autre citoyen citait la ville de Boucherville et son règlement municipal sur les odeurs olfactives. « Si vous montez un règlement, ça vous donnerait des arguments pour faire venir [le ministère de] l’Environnement pour faire des tests », indiquait ce dernier.
Ouvert à toutes ces idées, Patrick Mathieu désire aussi rencontrer les dirigeants de Royal Mat. « C’est la prochaine étape. Je ne veux pas arriver là avec mes gros sabots et une attitude de confrontation. À l’interne, ils doivent avoir quand même des informations sur ce qui se passe », mentionnait-il, espérant régler ce problème rapidement et à l’amiable.
