Un goût différent avec les changements climatiques ?
AGRICULTURE. Les changements climatiques auront-ils une incidence sur la qualité du sirop d’érable ? Marie Filteau, professeure à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation à l’Université Laval, vient de publier une étude à ce sujet dans la revue scientifique Heliyon.
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Microbiologiste de formation, elle s’est intéressée à l’acériculture pendant sa maîtrise et son doctorat. Son projet d’études, concernant l’effet des microbes dans la sève d’érable sur la qualité du sirop, possède un sens plus large aujourd’hui.
« Les changements climatiques posent des défis […] à la filière acéricole, affectant non seulement les quantités produites, mais aussi la qualité du produit. La qualité du sirop d’érable est influencée par des facteurs environnementaux, la biologie de l’arbre, les micro-organismes, la composition de la sève et des facteurs anthropiques, dont les méthodes de récolte », peut-on lire dans l’étude.
Marie Filteau projette l’effet des changements climatiques, selon trois scénarios différents, en modélisant un point de transition dans la levée de dormance (coulée de la sève). Selon ces projections, les changements climatiques mèneraient notamment à une réduction des défauts de saveur. Cependant, les effets varient selon les méthodes de récolte (par gravité et sous vide).
« L’acériculture reste un domaine peu étudié, au détriment d’autres grandes cultures agricoles. Ce secteur est maintenant plus structuré commercialement et politiquement. Il reste encore beaucoup de place pour de nouvelles recherches », mentionne Mme Fecteau.
Pour Luc Goulet, président des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), ce genre d’études est nécessaire pour l’avenir de l’industrie. « Pour rester un leader mondial dans le sirop d’érable, on a besoin de réponses à nos questionnements », mentionne celui qui possède une érablière à Saint-Nazaire-de-Dorchester, dans la région de Bellechasse.
Il salue également l’arrivée d’une nouvelle chaire de recherche à l’Université Laval, sur l’aménagement des érablières (voir autre texte). « Avec 57 millions d’entailles au Québec en 2026, l’expertise doit être en symbiose avec nos entreprises acéricoles. Nous devons bien former les producteurs et avoir une rigueur dans nos protocoles de recherche », conclut Luc Goulet.
