Des occasions d’affaires pour nos PME en défense ?
AFFAIRES. Pour atteindre sa cible de dépenses en défense, fixée par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le gouvernement fédéral réinvestira des milliards de dollars dans les Forces armées canadiennes. S’agit-il d’un marché intéressant pour les petites et moyennes entreprises de notre région ?
Le Conseil économique de Beauce (CEB) en a fait son sujet principal, le jeudi 10 septembre au Georgesville, dans le cadre d’un déjeuner-conférence. Un panel réunissait Carmine Zanni, directeur des services professionnels chez Sous-traitance industrielle Québec (STIQ), Patrick Sirois, président et fondateur de Triode, et Étienne Rancourt, expert du marché de la défense.
Pour ce dernier, l’environnement géopolitique à long terme amènera une stabilité dans les investissements canadiens en défense. Il cite notamment les changements en relations stratégiques avec les États-Unis.
« Pendant des décennies, le Canada s’est appuyé sur son voisin pour notre sécurité. Maintenant, c’est dangereux de s’appuyer sur un seul partenaire. Il est critique qu’on développe nos capacités industrielles manufacturières de défense, afin d’assurer notre autonomie stratégique », dit M. Rancourt.
Triode, qui accompagne les entreprises en développement de projets, travaille auprès de clients traitant avec les Forces armées canadiennes. Selon lui, les approvisionnements ne se limitent pas aux éléments lourds, comme des armes et chars d’assaut.
« L’armée achète de tout. Ça va des véhicules civils aux bornes de recharge et le papier de toilette. Un élément important, ce sont les infrastructures à court terme. Ce n’est pas juste une question de très gros projets », indique M. Sirois.
Patience et exigences
Carmine Zanni, expert en diagnostics d’entreprises manufacturières, rappelait l’importance de connaître sa valeur ajoutée. Les normes en défense sont plus exigeantes, d’où l’importance de comprendre le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement et de s’allier les grands donneurs d’ordre.
« C’est un marché où l’on doit être patient et penser à des relations à long terme. Il est essentiel de s’inscrire au Programme des marchandises contrôlées. Présentement, ça prend de six à dix mois pour obtenir sa certification », affirme-t-il.
Preuve que la Beauce peut contribuer au secteur de la défense, Étienne Rancourt a collaboré avec Estampro, une entreprise manufacturière de Courcelles-Saint-Évariste. Spécialisée dans la transformation et l’assemblage de pièces métalliques, elle fabrique des pièces pour General Dynamics Land Systems (GDLS), fabricant de véhicules militaires à London, en Ontario.
« On ne doit pas se demander comme je vends à la défense nationale, mais quelles sont mes capacités pour joindre ce marché », précise M. Rancourt.
« Les donneurs d’ordre exigeront un robuste système en gestion de la qualité, comme ISO 9001, qui en est la base », ajoute M. Zanni.
Quant à Patrick Sirois, il invitait les participants à visiter des salons de la défense, comme DEFSEC Atlantic, dans les Maritimes, et le Symposium sur le marché canadien de la défense et de la sécurité, à Mirabel, dans les Laurentides.
« L’abonnement annuel à CANSEC [plus grand salon de la défense au Canada, à Ottawa] est toutefois très dispendieux. Il y a aussi le magazine CDR [Canadian Defence Review] à consulter », mentionnait-il en conclusion.
