Des voix s’élèvent au profit des travailleurs étrangers

EMPLOI. La grogne et les inquiétudes se multiplient dans le dossier impliquant des travailleurs étrangers. Autant celui des travailleurs étrangers temporaires (TET) que l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) monopolisent l’attention. Des élus municipaux s’inquiètent des répercussions sur leur territoire.

Le maire de Courcelles-Saint-Évariste et préfet de la MRC Beauce-Sartigan, Francis Bélanger, a lancé un cri du cœur sur les réseaux sociaux.  Il réitère son incompréhension face au refus d’une clause de droit acquis, communément appelé « clause grand-père », pour les travailleurs actuellement touchés par la fin du PEQ.

« Cette décision [du gouvernement provincial] plonge de nombreuses personnes dans un climat d’incertitude et de stress inutile. En Beauce […], le milieu des affaires comprend très bien l’importance de ces travailleurs étrangers venus s’établir dans nos régions. Audelà de leur contribution économique, plusieurs d’entre eux, qui sont maintenant francisés, ont choisi d’y faire venir leur famille et de s’intégrer pleinement à nos communautés », rappelle-t-il.

Par la bande, cette présence de nouveaux arrivants permet le maintien de services essentiels, comme les écoles, épiceries et pharmacies. « Alors que le gouvernement affirme vouloir soutenir l’occupation du territoire, les élus locaux travaillent chaque semaine à garder nos petites municipalités vivantes, malgré des indices de vitalité souvent en déclin. Ces travailleuses et travailleurs contribuent directement à freiner ce déclin démographique », martèle Francis Bélanger.

Il invite la population à se faire entendre auprès des élus provinciaux. « Nous souhaitons également profiter du contexte de précampagne électorale pour rappeler au gouvernement actuel, ainsi qu’à tous les autres partis, l’importance de reconnaître pleinement notre rôle de gouvernement de proximité et d’écouter les élus locaux, qui sont les véritables représentants des régions », dit M. Bélanger.

Un large consensus

La Table régionale des élus municipaux de Chaudière-Appalaches (TREMCA) a adopté une résolution demandant aux députés provinciaux et fédéraux d’indiquer clairement leur position et les actions qu’ils entendent entreprendre, particulièrement dans le dossier des TET.

« Les départs potentiels liés aux récents changements administratifs représentent un risque réel pour la stabilité de secteurs clés de notre économie locale. Nous demandons à nos députés de nous faire connaître clairement leur position et les démarches qu’ils comptent entreprendre pour soutenir la région », a déclaré Daniel Turcotte, président de la TREMCA.

Du côté de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), on estime que les régions du Québec ont besoin d’immigrants, sans quoi elles sont condamnées à un déclin démographique, jumelé à de l’appauvrissement.

Son président, Jacques Demers, évalue que la réalité du déclin démographique et de l’appauvrissement ne disparaîtra pas sous prétexte que nos dirigeants d’aujourd’hui font le choix de l’ignorer, écrit-il dans une lettre publiée dans les médias nationaux.

« Dans le nouveau contexte géopolitique qui s’annonce, la situation requiert que cette question devienne la priorité des priorités. Notre gouvernement s’enferme dans une politique stérile et clairement non fondée sur les faits. Cela aura des impacts douloureux, à commencer par nos entreprises, nos services publics et notre tissu social », dit-il en résumé.

* Avec la collaboration de Frédéric Desjardins