Double action pour la relève en entreprise

AFFAIRES. Le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) annonçait deux mesures majeures, le jeudi 18 juin à Saint-Georges, afin d’assurer la pérennité des entreprises d’ici et d’ailleurs au Québec.

« En 2025, plus du tiers des 123 000 entrepreneurs du Québec étaient âgés de 55 ans et plus. On parle de 50 000 entreprises qui réfléchissent à une vente ou une reprise au cours des cinq prochaines années. Présentement, six transferts sur dix ne fonctionnent pas par manque de planification et de préparation », précisait le ministre Bernard Drainville, devant plusieurs gens d’affaires réunis à l’École d’Entrepreneurship de Beauce (EEB).

Le MEIE confirme une aide financière de 1,6 M$ à l’EEB pour favoriser l’accès à ses formations destinées aux cédants et repreneurs. Cela comprend notamment les programmes établis Entreprendre et Émergence, ainsi que le séjour intensif Pérenniser.

« Ce n’est pas un hasard si l’école [EEB] est installée ici. La Beauce est un modèle en entrepreneuriat. L’EEB partage ses valeurs entrepreneuriales à l’ensemble du Québec. Le repreneuriat est un levier économique très important. Ça maintient, dans nos régions, les emplois et services. C’est aussi d’assurer une nouvelle génération d’entrepreneurs », mentionnait M. Drainville.

Cercle d’experts

Cofondatrice de l’EEB, Nathaly Riverin copréside le Cercle d’experts en repreneuriat depuis le début de l’année, avec neuf autres personnalités du monde des affaires. Le gouvernement mettra en œuvre plusieurs recommandations proposées par celui-ci, toujours dans l’objectif d’améliorer l’accompagnement offert aux cédants et repreneurs.

Ces recommandations, qui découlent d’échanges avec le milieu entrepreneurial québécois, viseront entre autres à mieux faire connaître les ressources disponibles et sensibiliser les dirigeants à l’importance de planifier leur relève.

« Chaque année, on perd plus de 3000 entreprises. On doit cesser de dire que tout va bien aller, et qu’au final, on donne nos clés à des dirigeants étrangers. Nous devons refaire vivre la fierté entrepreneuriale au Québec. Il faut prendre le problème de front et se mobiliser vers un plan d’action national pour le repreneuriat », affirme Mme Riverin.

À cette même conférence de presse, Isabelle Le Ber, présidente-directrice générale de l’EEB, annonçait l’association de l’école à dix institutions majeures, pour sensibiliser les dirigeants des PME québécoises à l’importance de préparer l’avenir de leur entreprise. Cela inclut Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec.

« Préparer l’avenir de son entreprise doit devenir un réflexe entrepreneurial, au même titre que l’élaboration d’un budget ou d’un plan stratégique. Ce n’est pas un aveu de départ imminent. C’est un acte de gestion responsable », dit Mme Le Ber.