La ligne ne pourra être enfouie selon Hydro-Québec
ÉNERGIE. Pendant que l’Union des producteurs agricoles (UPA) dans la région réclame l’enfouissement des fils de la ligne de l’axe Appalaches – Bas-Saint-Laurent, Hydro-Québec précise que le projet serait difficilement faisable, et pour plusieurs raisons.
L’UPA en Chaudière-Appalaches réclame, depuis quelques semaines, l’enfouissement de la ligne de manière à réduire les pertes de superficie en culture et ainsi éliminer les supports nécessaires à une ligne aérienne.
Conseiller aux relations avec le milieu d’Hydro-Québec, Alexandre Pelletier indique que tout est sur la table pour le moment, mais que même si plusieurs ont, depuis, adopté des résolutions en appui aux intentions de l’UPA, la Société d’État voit difficilement comment la chose pourrait être faisable, dans le contexte actuel. « Ce n’est pas envisagé pour la ligne en question. Il faut savoir que moins d’un pour cent des lignes de transport d’électricité sont enfouies au Québec. »
Il indique que plein d’éléments techniques sont aussi à prendre en considération pour une ligne de tension 315 kilovolts (kV). « C’est possible d’enfouir ce type de ligne, mais sur de très courtes longueurs. Dans ce cas-ci, on parle d’un projet de 260 kilomètres. On pourrait le faire si nous avons un obstacle et qu’aucun contournement n’était possible. Les plus grandes contraintes sont au niveau technique », résume-t-il.
D’autres éléments viennent aussi influencer la décision d’enfouir ou non. « La durée de vie d’une ligne enfouie est deux fois plus courte et on y transporte moins d’électricité. Si une panne survient, c’est plus difficile de la localiser aussi. On a aussi besoin de davantage d’équipements pour l’entretien. »
Le président de l’UPA en Chaudière-Appalaches, James Allen, dit avoir reçu quelques explications d’Hydro-Québec, mais persiste à vouloir réclamer l’enfouissement des fils, malgré tout. « Hydro-Québec avait commencé à nous dire qu’enterrer des fils était très coûteux, que ça se faisait surtout en ville, car les coûts d’acquisition de terrains ou de blocs appartements sont très élevés. On constate qu’ils ne tiennent pas compte du prix à l’entaille pour une érablière. C’est comme si le moins cher était de sacrifier des érablières. »
M. Allen remarque que dans le trajet actuellement étudié par Hydro-Québec, plusieurs belles propriétés sont incluses sur le tracé ciblé. « On est dans les belles érablières. On risque de perdre beaucoup d’entailles. Il y aurait des possibilités de passer plus au nord, mais Hydro-Québec refuse de le faire, prétextant que la ligne doit être à au moins 15 kilomètres de l’autre ligne pour considérer les facteurs météo comme le verglas, à titre d’exemple. »
James Allen considère que si le gaz naturel a pu être enfoui, lors de l’aménagement de la ligne dans Bellechasse, un scénario similaire devrait être envisagé pour l’axe en question. « Si nous avons des problèmes avec les changements climatiques dans les prochaines années, peut-être que ce serait la solution. C’est pourquoi il faut reparler à Hydro-Québec. »
Il ajoute que la possibilité de voir des éoliennes être érigées sur le territoire vient aussi motiver les interventions de l’organisation. « Nous faisons deux demandes pour les éoliennes. Pas dans des érablières et pas sur des terres en culture. Il n’y a pas de problème ailleurs. Il faut réfléchir en société et arrêter de perdre des terres en culture. Ce n’est pas du pas dans ma cour, c’est un aménagement intelligent que l’on souhaite, c’est tout. »
Alexandre Pelletier, d’Hydro-Québec, persiste en disant que l’organisation travaille déjà de manière rigoureuse et sur un projet aérien qui se base sur de nombreuses rencontres réalisées au cours des derniers mois pour parfaire ses travaux. « On a rencontré plus de 150 organisations depuis le printemps pour présenter le projet et recueillir des commentaires. Nous sommes retournés au printemps dernier, nous avons tenu dix séances d’information et reçu plus de 500 commentaires sur le sujet. »
Il ajoute que le tracé se précise de plus en plus et que les prochaines assemblées publiques devraient avoir lieu au cours de l’hiver.
