Plus de produits d’ici dans le secteur public
ÉCONOMIE. Voulant renforcer l’efficacité de l’État québécois, en utilisant l’achat public comme un levier économique au service des entreprises d’ici, le gouvernement lance sa nouvelle Stratégie gouvernementale des marchés publics 2026-2030.
« L’État québécois est un gros acheteur. Dans la stratégie des quatre dernières années, c’était 3,5 G$ d’achats québécois de plus [que la précédente]. On achète québécois pour soutenir nos entreprises, créer de la richesse ici et dépendre moins de ce qui se passe ailleurs », mentionnait France-Élaine Duranceau, ministre de l’Administration gouvernementale et de l’Efficacité de l’État et présidente du Conseil du trésor, en point de presse le mardi 23 juin à Saint-Georges.
Parmi les mesures visées, le gouvernement porte à 60 % la part des biens acquis auprès d’entreprises québécoises. Les grands organismes publics rendront des comptes annuels sur l’atteinte des cibles inscrites en planification stratégique.
Les matériaux et aliments du Québec s’intégreront davantage dans les institutions publiques. Par exemple, le bois, l’acier et l’aluminium d’ici seront plus présents dans les contrats de construction. L’accroissement des aliments québécois paraitra notamment dans les hôpitaux, écoles et cégeps.
« Cette nouvelle stratégie fera de l’achat public un levier concret, sur le terrain, pour notre autonomie alimentaire, et pour soutenir toute la chaine bioalimentaire de la ferme à la table », d’ajouter Donald Martel, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, également présent au point de presse.
Québec met aussi fin aux achats obligatoires sur la seule base du plus bas prix conforme. Dans l’adjudication des contrats publics, la qualité, le rapport qualité-prix, le dialogue compétitif et les approches collaboratives prendront une plus grande place.
« Un produit qui dure plus longtemps, un fournisseur d’ici qui crée des emplois ici, une entreprise qui livre de la qualité, ça doit compter. Les contrats de partenariat vont devenir un réflexe pour nos grands projets », dit Mme Duranceau.
Dialogue entreprises-gouvernement
Lors de consultations tenues à l’automne 2025 et l’hiver 2026, entre le gouvernement et des acteurs en affaires, un constant clair est ressorti : l’État et les entreprises ne se parlent pas suffisamment dans une optique d’innovation.
« Nous mettrons sur pied des forums réguliers, avec différentes associations dans des secteurs-clés, comme la construction, le bioalimentaire, les technologies de l’information et la santé. L’idée est de se parler en amont des appels d’offres, et non après », précisait France-Élaine Duranceau.
Le Programme Visibilité, une vitrine officielle faisant connaître les produits innovants d’ici, tout comme la modernisation du Système électronique d’appel d’offres (SEAO), font partie de la stratégie 2026-2030.
« Une PME qui a un nouveau produit, mais qui est incapable de faire connaître largement son produit auprès des acheteurs publics, avec le Programme Visibilité, ce sera un point d’entrée en innovation », confirmait Mme Duranceau.
Enfin, Québec souhaite renforcer les compétences des acheteurs publics. Cela passera par le déploiement d’un nouveau parcours de formation en trois niveaux et un coffre à outils clés en main, pour que les leviers déjà prévus par la loi soient pleinement utilisés. La stratégie complète est disponible sur quebec.ca.
