Aucune aide médicale à mourir dans la Maison Catherine de Longpré

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Par Frederic Desjardins
Aucune aide médicale à mourir dans la Maison Catherine de Longpré
La Maison Catherine de Longpré est reliée par un tunnel à l’hôpital de Saint-Georges. (Photo : L'Éclaireur Progrès - Frédéric Desjardins)

Dispensant des soins palliatifs aux gens en fin de vie, la Maison Catherine de Longpré n’offre pas l’aide médicale à mourir dans son établissement. Cependant, les patients choisissant cette option ne sont pas abandonnés à leur sort.

En 2015, la loi provinciale sur l’aide médicale à mourir est entrée en vigueur. Lors d’une entrevue avec le journal, la Maison Catherine de Longpré avait alors affiché son désaccord sur cette pratique.

« C’est contre notre mission. Nous répondons à un besoin spécifique en offrant des soins appropriés et de qualité. Les familles réalisent vite que ça devient très lourd de s’occuper d’un malade à sa résidence », avait dit Léon Drouin, président du conseil d’administration.

Aujourd’hui, l’organisme explique aux patients toutes les options disponibles liées aux soins en fin de vie. Si la personne choisit l’aide médicale à mourir, elle est transférée à l’hôpital de Saint-Georges par un tunnel reliant les deux bâtiments.

« On fait le déplacement deux heures avant le décès planifié. Avant cela, les familles et amis viennent voir le patient dans la maison. On peut planifier des activités, selon les désirs du patient et de la famille », précise Marie-Josée Gamache, directrice générale de la Maison Catherine de Longpré.

Des centres de soins palliatifs, comme la Maison Michel-Sarrazin à Québec, ont accepté d’offrir l’aide médicale à mourir dans leurs établissements. La Maison Catherine de Longpré n’empruntera pas cette avenue.

Marie-Josée Gamache

« Chaque centre prend ses propres décisions. Je comprends que des maisons aient fait ce choix. Les transferts entre la maison et l’hôpital se déroulent parfois sur de longues distances. Quand nous avons construit notre nouvelle maison (2015), l’implantation du tunnel entre nous et l’hôpital était dans nos plans », confirme Mme Gamache.

Soutien du milieu

En 2020, seulement deux patients ont demandé l’aide médicale à mourir. D’après Marie-Josée Gamache, les patients à la maison préfèrent « partir tranquillement ».

Dans sa charte, la Maison Catherine de Longpré affirme qu’elle « honore le caractère sacré de la vie à préserver, tout en reconnaissant la fin de vie comme l’étape ultime. Selon cette approche, les soins dispensés respectent le processus naturel de la vie, ils ne hâtent ni ne retardent la mort ».

« Par l’administration de médicaments, la sédation palliative plonge la personne dans le coma. C’est toutefois une technique réversible », indique Mme Gamache.

La religion n’influence aucunement les décisions de l’organisme. « Notre maison fonctionne avec les subventions provinciales et les dons de la communauté. Le clergé finance moins de 1 % de nos services », conclut Marie-Josée Gamache.

Fondée en 1989, la Maison Catherine de Longpré offre des soins palliatifs à des patients en phase terminale provenant des MRC Robert-Cliche, Beauce-Sartigan et Les Etchemins. Huit chambres individuelles sont à la disposition des malades. Les soins et services sont gratuits.

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