Cinq générations à lutter contre l’insécurité alimentaire

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Par Sébastien Roy
Cinq générations à lutter contre l’insécurité alimentaire
La famille Champagne, représentée par la directrice générale de Moisson Beauce, Marie Champagne, Lise Mathieu et son mari Jean Champagne, et la mère de M. Champagne, Rita Routhier, s'implique pour lutter contre l'insécurité alimentaire depuis cinq générations. (Photo : (L'Éclaireur Progrès - Sébastien Roy))

COMMUNAUTÉ. Cultiver pour partager a été créé il y a trois ans par Jean Champagne afin de lutter contre l’insécurité alimentaire. L’organisme a pour but de faire pousser des fruits et des légumes et de remettre les trois quarts de sa récolte à Moisson Beauce, menée par Marie Champagne à titre de directrice générale.

Cela fait maintenant cinq générations de la famille Champagne qui s’impliquent pour venir en aide aux personnes plus démunies. Le tout a commencé dans les années 1940 avec l’arrière-grand-père de M. Champagne, Joseph Champagne. Il est le premier de la famille à avoir semé un jardin à -Saint-Georges. Avec son fils Wilfrid, ils cultivaient des pommes de terre, des carottes, des oignons et des choux.

Des années plus tard, la grand-mère de M. Champagne, Aurore, femme de Wilfrid, donnait également des légumes à une famille démunie.

M. Champagne n’avait pas fait le lien qui unissait les cinq générations de sa famille avant ces quelques mots de son père, Georges-Émile, quelques mois avant son décès en août 2021 : « Tu sais Jean, votre projet de jardin pour donner, c’est l’histoire de notre famille qui se perpétue avec toi et Marie chez Moisson Beauce. Ton grand-père Wilfrid a commencé des jardins et des couches chaudes avec ton arrière-grand-père Joseph. Moi, j’ai travaillé avec eux dans les serres. Toi, Jean, tu es dans les champs pour cultiver et Marie donne des légumes. »

Répondre à un besoin

Jean Champagne n’est pas le seul derrière le projet Cultiver pour partager. Avec sa femme, Louise Mathieu et sa fille, Marie Champagne, ils ont réfléchi à une façon de lutter contre l’insécurité alimentaire. Ils ont ensuite communiqué avec Carl Bouchard, qui possède la terre à Saint-Alfred. Celui-ci était déjà producteur maraîcher et proposait des paniers de légumes aux résidents des alentours. « Je cherchais un moyen de rester producteur, mais de changer de modèle d’affaires. Quand Jean [Champagne] m’a proposé son projet, j’ai accepté », résume-t-il.

Puis, le groupe a contacté l’organisme Parentaide Beauce-Centre, qui est en charge du comptoir alimentaire L’Oasis. « Nous avons parlé avec des organismes communautaires pour connaître les besoins. Le premier légume qu’ils nous ont demandé était la patate. Ensuite sont venus les carottes et les oignons, qui sont des produits de conservation que l’on peut avoir à l’année. Par la suite, nous avons ajouté des produits plus saisonniers, comme les concombres, les zucchinis, les choux, etc. », explique M. Champagne.

La première année, 8 500 livres de légumes ont été récoltés. Ceux-ci ont été partagés entre le Club Parentaide, le Comité d’aide de Beauceville et la Société St-Vincent-de-Paul de Saint-Joseph.

Pour la deuxième année, l’organisme s’est associé avec Moisson Beauce pour assurer la distribution partout en Beauce, mais aussi dans les Appalaches, Les Etchemins et Bellechasse. Environ 25 000 livres de denrées ont été données sur les 28 000 récoltées.

Pour la suite des choses, M. Champagne souhaite que le tout devienne un véritable mouvement contre l’insécurité alimentaire. Des employés de Desjardins et de Promutuel iront donner un coup de main dans les champs. L’an dernier, 101 bénévoles se sont impliqués. Les gens peuvent faire de même en communiquant avec Cultiver pour partager par le biais de sa page Facebook ou en écrivant à info@cultiverpourpartager.com.

Prochain défi

Cette année, Cultiver pour partager espère récolter 30 000 livres de légumes. De plus, M. Champagne indique que la production sera ajustée en fonction des besoins des organismes.

Le prochain défi de l’organisation sera d’offrir des légumes sur une plus longue période. « D’avoir des légumes frais locaux à l’année que l’on peut redistribuer, ça n’a pas de prix », complète Mme Champagne.

Il révèle que l’organisme travaille sur une solution pour offrir des produits à l’année. La solution sera reliée à la nouvelle chambre froide de Moisson Beauce, dont le financement a été annoncé en avril. L’endroit où elle sera installée n’a pas encore été annoncé. « Nous avons développé avec Moisson Beauce la notion de grande chambre froide. Nous sommes en train de voir comment appareiller le tout avec d’autres producteurs », révèle-t-il.

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Laurier Maheux
Laurier Maheux
5 mois

Félicitations! Vous êtes admirables!