Un milieu communautaire jugé essentiel à l’État québécois

ÉLECTIONS. Les organismes communautaires font entendre leurs revendications à grand bruit via la mobilisation Le communautaire à boutte. Dans l’actuelle campagne électorale, la Corporation de développement communautaire Beauce-Etchemins (CDCBE) rappelle l’importance de ce milieu au bon fonctionnement de l’État québécois.

« Les organismes effectuent plusieurs tâches connexes, que l’État est incapable de faire par lui-même. Pour chaque dollar investi [par le gouvernement] dans le communautaire, l’État sauve 12 $. Nous désengorgeons notamment le système de santé, dans une approche humaniste au service de la population », souligne la directrice générale de la CDCBE, Sarah Rodrigue.

Le sous-financement du milieu communautaire représente le principal point d’achoppement entre les deux parties. En y ajoutant la lourdeur en gestion administrative, les organismes peinent à répondre aux demandes citoyennes, sans compter la problématique en recrutement et rétention de main-d’œuvre.

« Seulement la moitié de notre financement vient du gouvernement. Le reste, on l’obtient par l’autofinancement. Pendant que nous faisons ces collectes de fonds, on ne s’occupe pas de la clientèle. Les listes d’attente s’allongent. Le tiers des organismes [membres de la CDCBE] sont en situation précaire. Nos employés travaillent avec des horaires complexes, dans des conditions difficiles », indique Mme Rodrigue, dont le groupe chapeaute 82 organismes et 615 travailleurs du milieu communautaire dans quatre MRC.

Idées du milieu

En Beauce et dans les Etchemins, plusieurs idées communautaires sont nées de la collectivité et non des suggestions du gouvernement. Sarah Rodrigue cite entre autres les frigos communautaires, les maisons des jeunes, les soutiens en itinérance, toxicomanie et santé mentale, et l’intégration des nouveaux arrivants.

« Juste penser à Moisson Beauce, c’est un incontournable [en aide alimentaire]. Tous ces problèmes ne touchent pas seulement les grandes villes. L’économie, ce n’est pas juste le PIB [produit intérieur brut], mais l’indice de santé d’une communauté où l’on doit agir en amont », mentionne Sarah Rodrigue.

Le 8 septembre, Journée internationale de l’alphabétisation, l’organisme Alphare interpellait justement les partis politiques. Un adulte québécois sur cinq, soit 1,2 million de personnes âgées de 16 à 65 ans, est faiblement alphabétisé.

Selon sa directrice générale, Annie Poulin, les adultes peu alphabétisés sont plus à risque d’être en mauvaise santé, de se former adéquatement et de conserver un emploi. Leurs enfants risquent davantage de se retrouver dans la même situation.

« Tout le monde a droit à une éducation de qualité. Comment bien manger, prendre soin de sa santé, développer de nouvelles compétences pour le travail, aider ses enfants à faire leurs devoirs et se débrouiller dans un monde où il y a des écrits partout, si on a de la difficulté à lire et comprendre ? », questionne Mme Poulin.

Pour connaître l’ampleur du milieu communautaire dans la région, la CDCBE invite la population à visiter lastationcommunautaire.org, en plus d’interpeller les candidats des différents partis sur ces enjeux.