Une production doublée

COMMUNAUTÉ. Cultiver pour partager a presque doublé la quantité de légumes donnés à Moisson Beauce lors du plus récent quadrimestre lorsque l’on compare à la même période en 2025, remettant tout près de 77 000 livres de légumes lors des quatre derniers mois.

La serre moderne opérationnelle pendant trois saisons explique en grande partie cette augmentation. Avec sa production de concombres et de tomates, elle vient compléter la serre aéroponique de laitue à l’intérieur de l’église et les activités de culture en champs et de glanage, c’est-à-dire de récupérer les produits qui, bien que comestibles, étaient laissés dans les champs en raison de certains défauts.

Grâce à cette pratique, le président et fondateur de l’organisme, Jean Champagne, anticipe de récupérer quelque 175 000 livres de légumes d’ici la fin de l’année. « Le but de cultiver pour partager était de donner à l’année et c’est ce que nous avons fait », rappelle-t-il en insistant sur les mots « à l’année ». « Ce que nous avons dit aux gens lorsque nous avons créé le projet c’est : “Voulez-vous nous aider à faire manger notre monde ?” Ce fut significatif pour nos donateurs, car nous connaissons tous quelqu’un qui va dans un comptoir alimentaire », ajoute-t-il.

« Quand je suis arrivée chez Moisson Beauce, les besoins pour des légumes frais étaient tellement grands. Nous n’étions pas capables de répondre aux besoins de nos bénéficiaires à 100 %. Ça change la mécanique de redistribution de l’aide alimentaire régionale. C’est une autre innovation beauceronne », souligne la directrice générale, Marie Champagne.

La serre permet également d’amorcer les semis pour elle-même et pour les champs dès le mois d’avril. L’organisme a pu commencer à donner des concombres et des tomates dès le mois de mai. « La serre est en fonction d’avril jusqu’au début de novembre. Le coût d’énergie serait trop élevé pour la faire fonctionner pendant toute l’année », explique M. Champagne.

De plus, une troisième chambre froide, dont la température est plus basse que les deux autres, permet de conserver certains légumes, dont des carottes, pour pouvoir les distribuer l’hiver, comme c’est le cas avec les patates et les choux.

Prochaine étape

Avec la complétion de la serre, l’organisme a atteint son objectif initial. « Nous avons terminé le projet initial. Nous avons d’autres étapes à venir, mais la prochaine année sera consacrée à la consolidation », mentionne M. Champagne.

Lors de la visite du journal le 25 août, il restait encore des travaux de terrassement, mais tous les équipements sont en opération, incluant une génératrice. Cette dernière s’est par ailleurs montrée fort utile dès les jours suivant son installation, puisqu’il y a eu une panne de courant d’une douzaine d’heures à Saint-Alfred. « Sans la génératrice, nous aurions perdu nos plants », souligne-t-il.

Portes ouvertes

Par ailleurs, l’organisme tiendra une journée portes ouvertes le 5 septembre prochain. Les curieux pourront visiter le complexe maraîcher installé à l’intérieur de l’église de Saint-Alfred. Ils sont conviés entre 10 h et 12 h ou entre 13 h et 15 h.