Couvre-feu: adaptation et zones grises pour le secteur de l’alimentation

Couvre-feu: adaptation et zones grises pour le secteur de l’alimentation
Les marchés d’alimentation et plusieurs dépanneurs seront fermés en soirée. (Photo : Photo libre de droit)

L’instauration d’un couvre-feu à 20h par le gouvernement Legault aura des impacts pour les magasins d’alimentation et les dépanneurs.

Saphir Bédard, l’un des copropriétaires des Pères Nature de Saint-Georges et Sainte-Marie, prend cette décision avec un brin de philosophie. « S’il faut le faire pour donner un coup à la pandémie, faisons-le! »

Il indique que de toute façon, depuis le début du confinement, l’affluence en soirée est beaucoup moindre, d’autant plus qu’il considère que la majorité de ses clients sont des consommateurs de jour.

« Nous devrons garder quelques employés au travail pendant les heures de couvre-feu comme les boulangers et les personnes qui s’occupent de l’entretien des bâtiments et des équipements », précise-t-il.

Il ne s’agira pas de la première adaptation pour Les Pères Nature et c’est vrai pour tout le secteur des marchés d’alimentation. Depuis mars dernier, ils ont dû mettre en place de nombreuses procédures pour répondre aux exigences

« Nous avons dû fermer nos restaurants et nous avons perdu plusieurs contrats de repas pour les mariages et les réceptions, principalement à La cache à Maxime », ajoute M. Bédard.

Les dépanneurs

Du côté des dépanneurs sans service d’essence, la règle veut qu’ils doivent eux aussi fermer leurs portes à 19h30. « Cela va demander de réorganiser les horaires de travail de nos employés », indique Philippe Cloutier, copropriétaire du Marché 7-23 de Saint-Georges.

M. Cloutier a hâte de voir de quelle façon va réagir la clientèle, car plusieurs venaient en magasin après 20h. « Avec des heures d’ouverture allongées, l’affluence était bien répartie tout au long de la journée. Je me demande si nous aurons des périodes plus achalandées à gérer en cette période de distanciations sanitaires ».

M. Cloutier comprend cependant la décision du gouvernement, d’autant plus que son commerce, qui est demeuré un service essentiel pendant toute la pandémie, a été moins affecté que d’autres. « Nous souhaitons que cela puisse permettre de revenir à des heures d’ouverture plus normales après le 8 février ».

Zones grises

La situation devient un peu plus nébuleuse en ce qui concerne un dépanneur qui offre le service d’essence. Selon le gouvernement, il pourra demeurer ouvert selon l’horaire habituel et y vendre exclusivement de l’épicerie et des produits pour véhicule routier.

« Il y a beaucoup de zones grises, en particulier pour les articles d’épicerie », indique Michel Gourde, propriétaire du Dépanneur Porte de la Beauce à Saint-Isidore.

« Est-ce qu’un sac de chips, un paquet de gomme ou une bière sont considérés comme faisant partie de l’épicerie ou non, se demande-t-il. Et si un client qui vient d’acheter de l’essence veut le journal du jour, est-ce que je dois lui dire qu’il n’a pas le droit? »

Le commerce de M. Gourde possède un comptoir Tim Hortons pour lequel il faudra également se poser des questions sur son ouverture ou non.

« Quoi qu’il en soit, je vais envisager de fermer plus tôt le soir, car l’affluence risque de ne plus être suffisante pour la rentabilité du dépanneur », conclut M. Gourde.

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