Comment se nomment les Beaucerons dans votre coin ?

PATRIMOINE. Le gentilé désigne le nom des habitants d’un lieu donné. Sur plus d’une quarantaine de municipalités, la Beauce possède une grande richesse à cet égard. Pourtant, des gens ne connaissent pas encore leur gentilé local.

De 1979 à 1996, la Commission de toponymie du Québec (CTQ) répertoriait les gentilés via divers documents historiques, articles de journaux et monographies. Une consultation, en 1986, a aussi été effectuée auprès de toutes les municipalités du Québec. Depuis 30 ans, les municipalités adoptant un gentilé le communiquent à la CTQ pour archivage et consultation.

Le terme Beauceron, désignant les habitants de la région, remonterait à 1897. Selon la CTQ, la Beauce française a suscité ce gentilé transplanté en terre québécoise lors du transfert dénominatif, mais relevé tardivement dans les sources écrites. Il possédait une variante, Beauçois, dont la date d’emploi demeure indéterminée.

La ville de Saint-Georges, avec les termes Georgiens et Georgiennes, possèderait le plus vieux gentilé officiel. Ce dernier était utilisé la première fois en 1834. Son ancienne variante, Saint-Georgeois, désigne maintenant les résidents de Saint-Georges-de-Windsor, en Estrie.

Les mots Mariverains et Mariveraines, gentilés des citoyens de Sainte-Marie, sont officialisés seulement depuis 1985. Le Ma provient de la première syllabe de Marie, riverains faisant allusion à la rivière Chaudière.

Sainte-Marie évite ainsi la confusion avec les municipalités de Sainte-Marie-de-Blandford, dans le Centre-du-Québec (Marielandais/Marielandaise), et Sainte-Marie-Salomé, dans Lanaudière (Saloméens/Saloméennes).

Utiliser le nom complet

Prendre en compte le nom complet d’une municipalité, au moment de choisir son gentilé, demeure prioritaire afin d’éviter les erreurs, particulièrement lors de recherches sur le web.

Par exemple, nous parlons souvent ici de Saint-Honoré-de-Shenley, simplement comme Saint-Honoré. Or, deux autres municipalités utilisent ce préfixe. Chez nous, on désigne ces habitants comme des Shenléens et Shenléennes depuis 2006.  Les termes Honoriens et Honoriennes appartiennent à Saint-Honoré, village du Saguenay-Lac-Saint-Jean, depuis 1980. L’utilisation des Honorois et Honoroises remonte à 2002 du côté de Saint-Honoré-de-Témiscouata, au Bas-Saint-Laurent.

Ce problème est visible avec Saint-Joseph présent dans le nom… de neuf municipalités ! Saint-Joseph-de-Beauce a officialisé les termes Joselois et Joseloises en 1993. La finale lois, d’après la CTQ, aurait été retenue en raison de l’importance que revêt la loi à Saint-Joseph-de-Beauce, où se situe le palais de justice depuis 1862.

Sa voisine, Saint-Joseph-des-Érables, définit ses habitants comme des Josérabliens et Josérabliennes depuis 2015. Les Joséphois/Joséphoises et Saint-Josephois/Saint-Josephoises, qui nous viennent en première pensée, désignent les résidents de Saint-Joseph-du-Lac (Laurentides) et Saint-Joseph-de-Sorel (Montérégie).

Fait cocasse, les résidents de La Guadeloupe, la municipalité, sont surnommés les Guadeloupiens et Guadeloupiennes. À ne pas confondre avec les Guadeloupéens et Guadeloupéennes, le pays antillais au nord des côtes du Venezuela.

L’exception

En 2026, une seule municipalité beauceronne n’a aucun gentilé : Saint-Simon-les-Mines. Ailleurs au Québec, les municipalités de Lac-Simon (Simonets/Simonettes), Saint-Simon (Simonais/Simonaises) et Saint-Simon-de-Rimouski (Simonois/Simonoises) possèdent leurs propres désignations.

Julie Hébert, mairesse actuelle de Saint-Simon-les-Mines, promet d’amener ce sujet à l’ordre du jour de son conseil municipal. « Ce serait intéressant d’avoir un gentilé pour notre 100e anniversaire en 2028. On impliquerait la population pour trouver le nouveau nom », mentionnait-elle lorsque questionné par le journal.

Quel est votre gentilé ?

Beauceville : Beaucevillois, Beaucevilloise

Courcelles : Courcellois, Courcelloise

Frampton : Framptonnien, Framptonnienne

Lac Poulin : Lac-Poulinois, Lac-Poulinoise

La Guadeloupe : Guadeloupien, Guadeloupienne

Notre-Dame-des-Pins : Notredamois, Notredamoise

Saint-Alfred : Alfredois, Alfredoise

Saint-Benjamin : Benjaminois, Benjaminoise

Saint-Benoit-Labre : Benois, Benoise

Saint-Bernard : Bernardin, Bernardine

Saint-Côme-Linière : Cômelinois, Cômelinoise

Saint-Elzéar : Elzéarois, Elzéaroise

Saint-Éphrem-de-Beauce : Éphremois, Éphremoise

Saint-Évariste-de-Forsyth : Évaristois, Évaristoise

Saint-Frédéric : Frédéricois, Frédéricoise

Saint-Gédéon-de-Beauce : Saint-Gédéonois, Saint-Gédéonoise

Saint-Georges : Georgien, Georgienne

Saint-Hilaire-de-Dorset : Dorsétois, Dorsétoise

Saint-Honoré-de-Shenley : Shenléen, Shenléenne

Saint-Isidore : Isidorois, Isidoroise

Saint-Joseph-de-Beauce : Joselois, Joseloise

Saint-Joseph-des-Érables : Josérablien, Josérablienne

Saint-Jules : Saint-Julois, Saint-Juloise

Saint-Lambert-de-Lauzon : Lambertin, Lambertine

Saint-Ludger : Ludgérois, Ludgéroise

Saint-Martin : Martinois, Martinoise

Saint-Odilon-de-Cranbourne : Cranbornian

Saint-Philibert : Philibertois, Philibertoise

Saint-Prosper : Prospérien, Prospérienne

Saint-René : Renéen, Renéenne

Saint-Robert-Bellarmin : Bellarminois, Bellarminoise

Saint-Séverin : Séverinois, Séverinoise

Saint-Théophile : Théophilien, Théophilienne

Saint-Victor : Victorois, Victoroise

Saint-Zacharie : Zacharois, Zacharoise

Saints-Anges : Angelinois, Angelinoise

Sainte-Aurélie : Aurélien, Aurélienne

Sainte-Clotilde-de-Beauce : Clotildois, Clotildoise

Sainte-Hénédine : Hénédinois, Hénédinoise

Sainte-Marguerite : Margueritois, Margueritoise

Sainte-Marie : Mariverain, Mariveraine

Scott : Scottois, Scottoise

Tring-Jonction : Trignois, Trignoise

Vallée-Jonction : Valléen, Valléenne