Des MRC presque conformes en patrimoine bâti
HABITATION. Les MRC de la région seront à peu près conformes, en ayant adopté un inventaire des immeubles à valeur patrimoniale, pour répondre à une exigence de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme.
L’article 120 de la Loi sur le patrimoine culturel prévoit que chaque municipalité régionale de comté (MRC) doit adopter et tenir à jour un inventaire des immeubles construits avant 1940, situés sur son territoire et présentant une valeur patrimoniale, au plus tard le 1er avril 2026.
Seule la MRC de Beauce-Centre ne sera pas prête à temps pour la date limite, confirme le préfet de la MRC et maire de Saint-Odilon, Patrice Mathieu. « Le travail d’inventaire du patrimoine bâti est bien avancé et a été réalisé avec des partenaires du milieu, puisque beaucoup moins coûteux. La liste finale des bâtiments identifiés dans l’inventaire sera complétée au cours de l’année », précise-t-il.
La MRC des Etchemins a terminé son inventaire et a adopté son règlement à sa séance de mars. Une démarche préparatoire à l’inventaire a été réalisée par la firme Patri-Arch, qualifiée dans le domaine, afin d’identifier les immeubles et secteurs à potentiel patrimonial sur le territoire, et d’en assurer leur caractérisation en recensant et en rassemblant les données existantes en matière de patrimoine immobilier.
La MRC Beauce-Sartigan dispose d’un inventaire du patrimoine bâti réalisé en 2020-2021 et adopté en août 2023. Une mise à jour a été effectuée en 2025, afin d’intégrer les bâtiments du secteur de Courcelles, dans la municipalité de Courcelles-Saint Évariste, à la suite du regroupement des deux municipalités le 1er janvier 2024.
En Nouvelle-Beauce, l’inventaire a été adopté le 17 février dernier, lors de la plus récente séance publique du conseil de la MRC. Une mise à jour sera toutefois nécessaire, explique Félix Hamel-Small, conseiller en urbanisme en Nouvelle-Beauce. « Bien qu’il soit en vigueur et que nous soyons conformes à ce niveau, il reste à étudier les bâtiments présents dans la liste en fonction des critères prévus par le ministère de la Culture, afin d’établir leur valeur patrimoniale. Un mandat va être octroyé en sous-traitance et cela va permettre de retirer des immeubles de la liste et de confirmer le caractère patrimonial de certaines constructions », résume-t-il.
Quelle utilité ?
Sommairement, l’inventaire à réaliser en est un de terrain et l’analyse du caractère patrimonial des bâtiments se résume généralement à la prise de photos et la cueillette de renseignements. Les MRC semblent en accord avec la nécessité d’une telle démarche. Une telle législation gouvernementale est toutefois souvent accompagnée d’inquiétudes chez la population, surtout lorsque le terme patrimoine est évoqué.
« Cela permet d’augmenter la portée des suivis faits notamment sur les démolitions et sur l’entretien des bâtiments visés. Ça donne une chance de préserver certains bâtiments qui auraient pu être démolis avec un permis municipal, sans évaluation supplémentaire, ou tout simplement être abandonnés », résume Félix Hamel-Small.
En Beauce-Sartigan, on précise que cet inventaire a permis d’implanter plusieurs actions complémentaires que la MRC a réalisées de 2020 à 2023, soit un service d’aide-conseil en architecture pour les propriétaires de bâtiments anciens, de l’assistance-conseil aux municipalités et diverses formations liées à la préservation du patrimoine.
