Préparer l’avenir culturel dans un contexte évolutif

CULTURE. Les Amants de la Scène, soucieux de prendre leur place dans un marché culturel compétitif, doivent jongler avec des dépenses contrôlées et une planification responsable. La dernière année aura été profitable sur ce point pour le diffuseur communautaire.

Dans ses états financiers 2025-2026, les Amants de la Scène dégageaient un surplus de 145 044 $. Ce résultat contraste avec le déficit de 158 744 $ enregistré l’année précédente. Cela s’explique notamment par des hausses de revenus dans les ventes de billets, consommations (bars) et commandites, ainsi que l’augmentation d’une subvention accordée par la ville de Saint-Georges.

Inversement, les dépenses diminuaient entre autres dans les cachets, droits d’auteurs et frais des artistes. Les Amants de la Scène ont présenté moins de spectacles en 2025-2026 versus l’année précédente (95 vs 119), mais plusieurs représentations attiraient davantage de spectateurs. L’absence temporaire du directeur général, Jean-François Bernatchez, entraînait aussi des économies.

Du 1er mai 2025 au 30 avril 2026, 43 348 billets trouvaient preneurs, ceci menant les revenus de billetterie à 1 732 117 $. Le troisième Festival d’été de Saint-Georges, en juillet 2025, est en partie responsable de ces bonnes statistiques. Seulement pour les spectacles de Papa Roach et Charlotte Cardin, on retrouvait plus de 8 000 festivaliers chaque soir à l’espace Carpe Diem.

(Photo Jean-Francois Breton)

« Sur le plan financier, le festival constitue désormais un levier important pour notre organisme, en contribuant directement à sa capacité de poursuivre et de développer sa mission tout au long de l’année », dit Bernard Lessard, président du conseil d’administration, confirmant le retour de l’événement en juillet 2027 après une pause cet été.

Débarcadère et prix des billets

Rappelant l’importance d’une nouvelle salle de spectacles à Saint-Georges, les Amants de la Scène miseront sur des partenariats renouvelés avec le Cégep Beauce-Appalaches (Salle Alphonse-Desjardins) et la FADOQ (Cabaret des Amants), dans une optique de diversité culturelle.

« Ça nous prend un débarcadère fiable [au cégep], répondant aux normes, où le stock [des artistes] n’est pas déchargé dehors. Dans la dernière année, on a reçu une plainte de la CNESST [Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail]. On a dû modifier notre façon de faire. Ça va être une priorité d’améliorer le débarcadère », promet M. Lessard.

L’hiver dernier, une étude du Groupe iCible indiquait un retard significatif sur les prix des billets de spectacle, par rapport à l’évolution des revenus du public et de l’inflation. Sur 20 ans, le revenu médian des Québécois progressait de 109 %. À l’opposé, les prix moyens des billets augmentaient de seulement 37 %.

Selon Jean-François Bernatchez, hausser les billets n’est pas l’unique solution pour augmenter les revenus de l’organisme. « Il faut que le milieu contribue [par les commandites et les subventions]. Pour un billet de spectacle, il y a une partie pour nous, mais aussi des pourcentages vers le producteur et l’artiste. C’est un sujet sensible. Si les prix augmentent drastiquement, on va perdre une partie du public », indique le directeur général.

Conseil d’administration

Le conseil d’administration connaît un seul changement. François Talbot remplacera Julio Trépanier, qui a choisi de quitter l’organisation. Bianka Champagne, Annie Gilbert, Olivier Groleau, Louise Isabel, Bernard Lessard, Michel Mercier, Georges Salvas et Jean-Philippe Vachon complètent le groupe.