Des infirmières donnant un second souffle au système de santé

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Par Frederic Desjardins
Des infirmières donnant un second souffle au système de santé
Marilyn Bolduc (à droite) réalise ici l’ablation d’un acrochordon. (Photo : Gracieuseté)

Appelées communément IPS, les infirmières praticiennes spécialisées sont encore récentes dans le paysage médical québécois. Quels sont leurs rôles ? Comment peuvent-elles désengorger notre système de santé ?

À lire aussi : Plus de responsabilités pour les IPS à court terme ? 

Pour mieux comprendre cette profession, le journal s’est entretenu avec Marilyn Bolduc. Elle figure parmi la vingtaine d’IPS pratiquant en Chaudière-Appalaches.

Titulaire d’un diplôme collégial en soins infirmiers et d’un baccalauréat en sciences infirmières, Marilyn Bolduc a travaillé dans plusieurs régions et même en Suisse.

«Je me sentais utile en aidant les gens. J’aimais beaucoup le contact humain avec les malades. À force de pratiquer, je voulais augmenter mes connaissances pour m’ouvrir des portes et aider encore plus de personnes», explique Mme Bolduc.

Retournant aux études à l’Université de Sherbrooke, Marilyn Bolduc obtient en 2014 sa maîtrise en sciences infirmières, spécialité Première Ligne (IPSPL).

«L’IPSPL travaille souvent dans les cliniques, en complémentarité avec les médecins généralistes. Les autres infirmières spécialisées (néonatalogie, santé mentale, soins aux adultes, soins pédiatriques) pratiquent plus dans les hôpitaux», dit Mme Bolduc.

Activités réservées

Depuis l’existence des IPS en 2006, celles-ci peuvent exercer cinq activités médicales (voir boîte infos). Autrefois, ces tâches étaient effectuées seulement par des médecins.

En février 2019, le Collège des médecins du Québec (CMQ) a accepté que les IPS amorcent un plan de traitement sur les problèmes de santé courants (ex : grippe, sinusite, otite) et six maladies chroniques : le diabète, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, l’asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique (bronchite, emphysème) et l’hypothyroïdie.

Marilyn Bolduc soutient qu’une IPS ne remplacera jamais complètement un médecin généraliste ou spécialiste.

«Le diagnostic est un acte réservé aux médecins. Pour nos plans de traitement, le médecin doit émettre un diagnostic dans un délai de 30 jours. Nous ne sommes pas des mini-médecins ou médecins en devenir, mais des infirmières à qui l’on a ajouté des rôles médicaux et infirmiers», rappelle celle-ci.

Infiltration prépatellaire (bursite du genou)

Marilyn Bolduc donne comme exemple un médecin ayant diagnostiqué une dépression chez le patient. «Après le diagnostic, l’IPS peut rencontrer le patient pour des suivis. Nous sommes aussi qualifiés pour donner des conseils et du référencement, si le problème dépasse nos compétences», indique cette dernière.

Elle apprécie beaucoup la collaboration interprofessionnelle au sein d’une équipe de médecins, d’infirmières et d’autres professionnels de la santé.

«Dans un GMF, le patient peut être référé à plusieurs professionnels sous un même toit. Le travail d’IPS est un défi valorisant», dit Mme Bolduc.

Pour en savoir plus sur les lignes directrices encadrant la profession d’IPS, visitez le site web de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Activités médicales réservées aux IPS

  • Prescrire des examens diagnostiques (ex : radiographie, échographie, scanographie, prélèvement sanguin)
  • Utiliser des techniques diagnostiques invasives ou présentant des risques de préjudice (ex : examen gynécologique, toucher rectal, ponction de liquide d’une cavité articulaire)
  • Prescrire des médicaments et d’autres substances (ex : produits sanguins)
  • Prescrire des traitements médicaux (ex : cryothérapie)
  • Utiliser des techniques ou appliquer des traitements médicaux invasifs ou présentant des risques de préjudice (ex : points de suture, installation du stérilet)

Source : CISSS-CA

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