Faciliter la venue de travailleurs étrangers pour le secteur manufacturier

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Par Andréanne Huot
Faciliter la venue de travailleurs étrangers pour le secteur manufacturier
Claude Provost du Groupe Canam vient appuyer la demande des Manufacturiers et Exportateurs du Québec envers les gouvernements. (Photo : L'Éclaireur Progrès - Andréanne Huot)

Les Manufacturiers et Exportateurs du Québec, dont fait partie le Groupe Canam, ici en Beauce, exhortent les gouvernements de faciliter la venue de travailleurs étrangers au Québec afin de pallier au manque de main-d’œuvre, un enjeu criant dans la province.

Depuis 10 ans, c’est le plein emploi en Chaudière-Appalaches, explique Claude Provost, vice-président senior, culture et développement organisationnel pour le Groupe Canam.

Il indique que le bassin de main-d’œuvre dans la région est vide, depuis trop longtemps. Depuis quelques années, le Groupe Canam a toujours de 30 à 40 postes ouverts qui ne trouvent pas preneur. Cela amène des conséquences autant sur l’entreprise que sur l’économie québécoise.

Les entreprises doivent refuser de nouveaux contrats ou des opportunités d’affaires, elles ralentissent leurs investissements et le développement de nouveaux produits faute d’employés et doivent également se résoudre à faire l’embauche de candidats sous-qualifiés.

Des démarches longues

Afin de pourvoir les postes vacants, de nombreuses entreprises doivent se tourner vers l’immigration afin de pouvoir livrer les commandes et satisfaire les clients.

Du côté de Canam, M. Provost explique que l’entreprise a dû faire des démarches du côté de la Colombie pour faire venir un groupe de 17 travailleurs à l’usine de Saint-Gédéon. Cependant, les délais administratifs pour que se réalisent ce genre de projets sont longs. Pour la première cohorte, il a fallu neuf mois.

Une deuxième cohorte de travailleurs étrangers est également en préparation afin de venir grossir les rangs de l’entreprise. M. Provost s’attend à ce que les délais soient encore plus longs.

Si l’entreprise s’est tournée vers la Colombie, c’est en raison de la main-d’œuvre disponible, mais également de l’excellente base de formation qu’ont ces travailleurs étrangers.

Sensibilisation

«On veut sensibiliser les gouvernement provincial et fédéral que le problème de main-d’œuvre est criant maintenant. Il faut revoir les standards et réduire les délais pour l’accueil de nouveaux immigrants», explique M. Provost. Il ajoute que le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Simon Jolin-Barrette, a du travail à faire afin d’aider les entreprises manufacturières à continuer leur croissance.

Les Manufacturiers et Exportateurs du Québec croient également qu’il faudrait faire preuve de plus de tolérance dans l’apprentissage du français. Il faut donner plus de temps aux nouveaux arrivants pour apprendre la langue, même s’ils conviennent qu’elle est importante.

Ils sont également en faveur de l’augmentation du seuil d’immigration de 40 %. «Le manque de main-d’œuvre vient entacher le potentiel de croissance dans le futur», souligne M. Provost. Pourtant, l’entreprise fait tout ce qu’il y a à faire afin de recruter des travailleurs. Que ce soit avec des partenariats avec les centres de formation ou en bonifiant les salaires à l’embauche.

M. Provost souhaite également qu’il n’y ait pas de mouvement de migration des emplois du secteur manufacturier vers d’autres pays.

«On ne demande pas plus, on demande moins de contraintes pour un secteur névralgique dans une économie comme la nôtre», conclut M. Provost.

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