Agir en amont pour éviter la perte animale

FAITS DIVERS. Sans nier la problématique énoncée par Droit animalier Québec (DAQ) sur les nombreux décès en bâtiment d’élevage incendié, l’Union des producteurs agricoles (UPA) voit déjà des améliorations préventives chez plusieurs de ses membres.

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« Il y a un mouvement enclenché. Les assureurs sont exigeants aujourd’hui. Nous devons avoir des normes sévères si l’on veut éviter de payer très cher [en assurance de dommages]. Les bâtiments agricoles misent maintenant sur beaucoup d’éléments électroniques et électriques. Certains [bâtiments] sont toutefois vieux et difficiles à sécuriser. Chaque fois qu’on perd des bêtes, c’est tragique humainement », dit le président de l’UPA Chaudière-Appalaches, James Allen.

La branche provinciale planche sur un guide actualisé des bonnes pratiques, par rapport à la construction et la rénovation des bâtiments agricoles. Karl Faucher, propriétaire de la Ferme Faucher et Fils à Saint-Éphrem, n’a pas attendu ce document pour protéger ses 350 vaches laitières.

« Les boîtes électriques sont isolées dans une pièce ignifuge. Si elles étaient placées sur le plancher des vaches, il suffirait d’une porte ouverte et d’une étincelle pour mettre le feu. On travaille sur ce qui est prévisible. Ce sont des milliers de dollars en investissement, mais ça protège aussi le travail de toute une vie. Les bâtiments moins protégés, ce sont souvent des producteurs en fin de carrière, sans une relève, et moins à l’aise avec les technologies », mentionne l’agriculteur de 38 ans.

Alertes par cellulaire

Sur la Ferme Faucher et Fils, un système détecte les anomalies et défauts au réseau électrique. Le 23 septembre 2020, ce système évitait le pire à Karl Faucher. Réveillé par des messages textes, celui-ci y lisait l’avertissement d’un circuit électrique défectueux. Une fois arrivé à l’étable, l’appareil enflammé était éteint rapidement.

Malgré sa chance, Karl Faucher rappelle l’inexistence du risque zéro. « Dans le cas des animaux en troupeau, ils vont préférer rester ensemble, même si l’on tente de les faire sortir [d’un bâtiment en flammes]. Les vaches, si elles respirent juste un peu de boucane, c’est terminé. Leurs poumons sont très fragiles », indique-t-il, en invitant ses collègues agriculteurs à emboîter le pas en matière de sécurité incendie.