Procès de Bois ouvré/Séchoirs de Beauce : l’alarme n’aurait pas retenti

JUSTICE. Plusieurs employés et anciens employés ont témoigné au deuxième jour du procès des entreprises Bois ouvré et Séchoirs de Beauce, le mardi 12 mai, au palais de justice de Saint-Joseph.

Selon la première témoin de la journée, Julie Provençal, qui était contremaître au moment de la tragédie, c’est vers 7 h 15 que l’une des victimes, Jean Lachance, lui indique par le biais d’une radio portative qu’il y a une odeur de fumée.

Mme Provençal monte d’un étage en compagnie de Martin Roy et constate la présence de fumée et de flammes. Elle précise ne pas avoir entendu l’alarme incendie. « J’ai vu le feu rendu à l’étage et j’ai dit à Martin : ” On s’en va, c’est trop dangereux ” avant de dire à la radio qu’il fallait évacuer », a-t-elle raconté à la Cour. D’autres témoins entendus dans la journée ont aussi indiqué que l’alarme n’avait pas retenti.

Selon les souvenirs de Mme Provençal, M. Roy et elle ont croisé M. Lachance et Mario Morin muni d’extincteurs. M. Roy est retourné avec les deux hommes.  Elle a précisé que les trois hommes avaient reçu une formation sur l’utilisation d’extincteurs de la part des pompiers de Beauceville. Elle a affirmé leur avoir dit de partir en raison du danger, mais ils ne l’ont pas suivi.

Mme Provençal s’est ensuite rendue au poste de contrôle du dépoussiéreur pour l’arrêter, mais elle a suivi la procédure habituelle au lieu de l’arrêt d’urgence, admettant ne pas y avoir pensé sur le coup.

Peu de temps après, elle a décrit une sorte d’onde de choc et s’est couchée au sol. « Des débris et des flammes ont volé au-dessus de moi. J’ai rampé jusqu’à la sortie », a-t-elle relaté.

Cette dernière a également dit qu’elle n’était pas au courant de la présence d’une équipe de travailleurs chargés de réparer le toit de l’usine à ce moment.

Le ministère public s’est aussi attardé sur la formation des employés relativement aux dangers que peut représenter la poussière de bois. On apprend également qu’une pratique d’évacuation était prévue dans les semaines suivantes.

Rappelons que le 20 septembre 2021, Jean Lachance, 51 ans, Martin Roy, 50 ans, et Mario Morin, 57 ans, ont perdu la vie à la suite d’une explosion qui a retenti dans l’usine partagée par Bois ouvré et Séchoirs de Beauce. Des travailleurs afférés à la réparation du toit ont aussi été blessés.

Les deux entreprises font face à huit chefs d’accusation de négligence criminelle. Il s’agissait du deuxième jour du procès, dont la durée est estimée à 17 jours.