Une région parmi les plus accidentogènes
CIRCULATION. Chaudière-Appalaches figure parmi les pires régions accidentogènes de la province. C’est ce qui ressort du bilan routier 2025 publié par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).
Pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2025, Chaudière-Appalaches totalisait 2035 accidentés, soit 187 personnes supplémentaires sur l’exercice précédent. Cela place notre territoire en cinquième place (10,1 %) sur 17 régions, et près du double de la moyenne provinciale (5,7 %).
L’an dernier, 30 personnes décédaient sur les routes en Chaudière-Appalaches. Il s’agit d’une hausse de 20 % en comparaison à 2024. En pourcentage, notre région se trouve à égalité au cinquième rang avec la Mauricie. La Capitale-Nationale (84,2 %) occupe le haut du pavé. Le bilan provincial affiche plutôt une baisse de 2,1 %.
« C’est difficile de cibler une seule cause, mais on note plusieurs excès de vitesse et des distractions au volant. Les accidents sont plus graves en milieu rural », explique Geneviève Côté, porte-parole de la SAAQ.
Toujours en 2025 versus 2024, notre région enregistrait 92 accidents avec blessés graves (+ 5,7 %) et 1913 collisions avec blessés légers (+ 10,2 %). Dans les deux cas, Chaudière-Appalaches arrive en septième position sur 17 régions.
Le Centre-du-Québec (45,7 %) et le Nord-du-Québec (24,7 %) se placent en première position pour les hausses d’accidents avec blessures graves et blessures légères. Les moyennes provinciales en hausse sont de 0,1 % et 6,1 %.
Sous-groupes surreprésentés
Chez nous comme ailleurs au Québec, la SAAQ constate une surreprésentation des personnes décédées dans quatre catégories : les jeunes de 15 à 24 ans, les personnes de 75 ans et plus, les piétons et les collisions impliquant un poids lourd.
Depuis longtemps, les jeunes sont davantage impliqués dans les accidents mortels. L’inexpérience et la témérité sont souvent en cause. Inversement, les aînés possèdent de l’expérience, mais des réflexes amoindris. Avec le vieillissement de la population, cette clientèle est plus visée dans les opérations de sensibilisation.
« Nous avons le programme Au volant de ma santé, où les aînés évaluent leurs capacités [physiques et cognitives] de conduite. Ça peut devenir une faille personnelle de perdre son permis de conduire, mais on ne doit pas être un risque pour les autres », rappelle Mme Côté.
Au Québec, un accident mortel sur quatre impliquait un poids lourd en 2025. La suspension des interventions non planifiées par les contrôleurs routiers, une décision du Tribunal administratif du travail, pourrait avoir joué un rôle.
La SAAQ va plus loin en obligeant maintenant une formation aux futurs camionneurs. « Depuis le 15 décembre 2025, les camionneurs [de classe 1] doivent suivre une formation obligatoire avec la SAAQ [Programme d’éducation à la sécurité routière] ou dans le privé », confirme Geneviève Côté, la formation comptant 75 heures théoriques et 50 heures pratiques.
Dans le cas des piétons, il est conseillé pour ceux-ci de porter des vêtements clairs, de traverser aux passages cloutés ou intersections désignées, et d’éviter les distractions comme le cellulaire et les écouteurs.
