La forêt : dernier arrêt des chômeurs

La forêt : dernier arrêt des chômeurs

La forêt risque d’être le secteur où la rupture de main-d’œuvre sera la plus grande au cours des prochaines années.

Crédit photo : Gracieuseté

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Le milieu forestier est le secteur qui souffrira le plus du manque de main-d’œuvre en Beauce.

«Le domaine forestier est beaucoup plus lésé que les autres parce que c’est vraiment la dernière place où les gens veulent travailler», explique André Emery, directeur du Groupement Forestier Chaudière de Saint-Victor.

Avant d’opter pour les mouches, la chaleur et les conditions climatiques changeantes, les travailleurs choisiront l’usine. Il n’y a peut-être que les véritables amoureux du bois, pour résister à cet inexorable rétrécissement de la main-d’œuvre disponible pour ce secteur.

Les plus récents chiffres d’Emploi Québec montrent que le taux de chômage de décembre 2017 a atteint un creux faramineux de 2,4% en Chaudière-Appalaches. C’est une baisse de 2,7% en un an, alors qu’au Québec, le chômage a reculé de seulement 1%.

L’aménagement forestier

La moyenne d’âge des travailleurs dans ce secteur est de 65 ans. Ces travailleurs sont de moins en moins nombreux et c’est difficile de les remplacer. «Dans la récolte et l’aménagement, il manque des ingénieurs et des techniciens, mais des travailleurs sylvicoles encore plus», ajoute André Emery.

La machine n’a pas encore supplanté l’humain dans ce domaine. Les tâches dans l’aménagement sont plus difficilement mécanisables. La sueur de bras est toujours meilleure pour manier une débroussailleuse ou juger quel arbre il faut couper et quel autre garder.

Recruter des travailleurs étrangers est devenu la principale alternative. «À moins qu’il y ait soudainement un grand nombre de chômeurs, j’ai bien peur qu’on va en arriver là. Ce ne sont pas des métiers faciles», ajoute André Emery.

À forfait ou pas ?

@R:Les bûcherons à la scie mécanique d’hier sont devenus les opérateurs de récolteuses d’aujourd’hui. La tendance est lourde pour les petites forêts privées de la Beauce. Ils sont de plus en plus nombreux à sous-traiter la récolte auprès de contracteurs à forfait. Ces derniers tirent de 40% à 60% des revenus du bois abattu. Il en reste donc moins dans leurs poches.

S’équiper

D’autres choisissent de s’outiller. Le petit propriétaire achète une chargeuse, un treuil. Cela lui permet de réduire le temps passé dans le bois. «La voie d’amélioration est de s’équiper et […] lui permettre de continuer à aménager sa forêt et trouver sa rentabilité à petite échelle», explique Michel Roy, directeur des communications à l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce (APBB). La superficie moyenne des membres de l’association est 40 hectares.

Tous les ans, plusieurs se donnent rendez-vous à l’exposition forestière de Beauce. L’événement de Saint-Georges est l’occasion pour les propriétaires de se familiariser avec les nouveaux équipements et les tendances de l’industrie.

Vague verte

L’exode rural des années ’80 et ’90 a créé un nombre considérable de friches. Les terres moins fertiles et accidentées ont été reconverties en plantations d’arbres. En l’espace d’environ 20 ans, le Groupement forestier Chaudière est passé de deux millions d’arbres plantés par année à environ 200 000.

Ces arbres arriveront bientôt à maturité. «On est en plein milieu de la première éclaircie commerciale et dans peu de temps nous allons tomber dans la deuxième et la coupe finale. C’est là que c’est très payant. D’ici quelques années, on va avoir boom», prédit André Emery.

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