À quoi ressemble l’agriculture chez nous ?

Avec des revenus totaux de 1,94 G$ en 2023, l’agriculture représente un pan majeur de l’économie en Chaudière-Appalaches. Les fermes et champs font partie du paysage depuis belle lurette, mais sait-on vraiment en quoi consiste l’industrie agricole sur notre territoire ?

Dans tout le Québec, Chaudière-Appalaches demeure l’unique région administrative où la superficie zonée agricole dépasse le million d’hectares (1 002 000). Elle compte 5369 exploitations agricoles, soit un peu moins que la Montérégie (5625), mais plus que les 15 autres régions. L’Estrie clôt le podium avec ses 4034 entreprises.  

Chaudière-Appalaches est championne provinciale pour les revenus en acériculture (121,2 M$) et en production laitière (659,3 M$). Elle occupe également le second rang dans les productions porcines (463 M$) et bovines de boucherie (121,4 M$), ainsi que la troisième place en volailles et œufs (255,2 M$).

« Les érablières sont plus nombreuses dans le sud de la région. Pour la production animale, c’est très fort en Nouvelle-Beauce et dans Bellechasse à cause des grands pâturages et la présence de meuneries. Au niveau du lait, il y en a un peu partout », explique le président de l’UPA Chaudière-Appalaches, James Allen.

Plus dur dans le maraicher  

Seulement 54 % de nos terres agricoles sont exploitées à cet effet. C’est moins que la Montérégie (81 %) et le Centre-du-Québec (64 %), dont les superficies agricoles sont plus petites, soient 771 000 et 645 000 hectares.

« La zone agricole et celle en exploitation représentent deux réalités. Le zonage agricole inclut le milieu forestier. Chez nous, notre topographie est plus accidentée, avec des roches et terres peu profondes, alors qu’en Montérégie, ce sont des sols plats et argileux plus favorables à la culture maraichère. La saison est aussi plus longue [en culture maraîchère] au sud du Québec », dit James Allen.

D’ailleurs, cette topographie place Chaudière-Appalaches en milieu de peloton dans la production de fruits et légumes à grande échelle. La région compte toutefois sur une grande quantité de petits producteurs. Cela mène à une hausse notable des achats en circuit court (marchés publics, agrotourisme, autocueillette).

Toutes catégories confondues, Chaudière-Appalaches compte également sur la plus importante concentration d’entreprises certifiées biologiques au Québec. « L’UPA voit cela d’un bon œil. Diversifier l’agriculture et miser sur la proximité, c’est être présent pour les consommateurs de notre milieu », mentionne James Allen.

Défis actuels et futurs

L’agriculture ne sera jamais à l’abri des soubresauts économiques. Spécifiquement pour Chaudière-Appalaches, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) définit six défis auxquels est confrontée cette industrie.

Trois d’entre eux touchent l’environnement et le développement durable. « Il faut implanter des solutions pour faire face aux défis des changements climatiques. Les coûts des intrants et la main-d’œuvre disponible demeurent très importants à surveiller », affirme M. Allen.

Ces sujets figureront assurément au programme des assemblées générales annuelles de l’UPA Chaudière-Appalaches et de l’UPA provinciale, qui auront lieu cet automne à Sainte-Marie et Québec.