Cinq ans et demi de prison pour un Beauceron
JUSTICE. Un homme de 41 ans a écopé d’une peine de cinq ans et demi de prison pour avoir commis des infractions à caractère sexuel contre deux femmes qu’il fréquentait, ainsi que pour des menaces à l’endroit de deux hommes. La sentence a été prononcée par le juge Hubert Couture, le mercredi 24 septembre, au palais de justice de Thetford Mines. En raison de la détention provisoire, il lui reste trois ans et neuf mois à purger dans ces dossiers.
Le Beauceron a été reconnu coupable en juin 2025 d’agression sexuelle pour des gestes survenus à Thetford Mines en 2023 et 2024. Il a également été reconnu coupable de voyeurisme pour avoir photographié, à son insu, les parties intimes de sa victime. L’accusé profitait de son sommeil pour commettre les gestes, qu’il a répétés à plusieurs reprises malgré les objections claires de celle-ci.
Il a aussi été reconnu coupable d’agression sexuelle envers une autre femme, pour des gestes survenus en Beauce en 2021 et 2022. Il a enfin été condamné pour avoir proféré des menaces de mort ou de lésions corporelles à l’endroit de l’ex-conjoint de cette femme, ainsi qu’à un autre homme.
Lors de sa décision, le juge Couture a mentionné que le témoignage de l’accusé était chargé de contradictions et d’invraisemblances, et que le tribunal n’y accordait aucune crédibilité. Il a cru les victimes et l’ensemble de la preuve présentée l’a convaincu de sa culpabilité hors de tout doute raisonnable.
Durant les observations sur la peine, tenues le 24 juillet dernier, les deux femmes impliquées dans le dossier ont témoigné des lourdes conséquences et des séquelles laissées par les violences subies.
La première à s’exprimer a été la victime des gestes commis en 2021 et 2022. Elle a raconté avec émotion avoir décidé de se faire avorter, alors qu’elle était tombée enceinte de l’accusé. Malgré cette décision difficile et sa position contre l’avortement, elle ne voulait pas avoir à conjuguer avec lui dans sa vie. Elle a abordé s’être isolée de ses amis, de sa famille et de ses collègues, ainsi que la peur de le croiser ou qu’il vienne assouvir une vengeance. Parmi les conséquences, elle a aussi mentionné avoir des crises de panique en présence d’hommes, de la difficulté à faire confiance aux autres et des problèmes avec la sexualité. Elle espère que le fait de l’avoir dénoncé permettra d’éviter que d’autres femmes soient brisées comme elle l’a été. Elle a terminé en disant qu’elle continuait le travail afin de se reconstruire.
La victime des agressions survenues en 2023 et 2024 a témoigné que sa vie a complètement basculé depuis qu’elle a été violée à répétition par l’accusé. Elle a soutenu qu’il connaissait sa vulnérabilité et qu’il en a abusé. Elle a parlé d’une peur permanente, de cauchemars, d’une méfiance totale envers les hommes, ainsi que de séquelles visibles sur son corps et de sa vie sexuelle brisée. Elle a affirmé avoir honte de son corps et vivre une distance émotionnelle, alors qu’une partie d’elle s’est éteinte. Elle s’est isolée des autres. Sa santé mentale et sa vie privée ont été grandement affectées et, encore aujourd’hui, elle craint la colère et la vengeance de celui qui a abusé d’elle.
À noter que l’identité de l’homme de 41 ans n’est pas divulguée afin de protéger celle des victimes.
