Des arbres affectés par la canicule

Les humains ne sont pas les seuls à souffrir des fortes chaleurs en saison estivale. En l’absence de pluie, ces sécheresses intensives représentent un danger pour nos arbres, au point où l’Association forestière du sud du Québec (AFSQ) tire la sonnette d’alarme.

Selon Mélanie Bergeron, biologiste et agente de développement à l’AFSQ, le manque important d’hydratation peut empêcher un arbre d’absorber l’eau lorsque celle-ci redevient disponible. Elle compare le phénomène à l’embolie pulmonaire chez l’être humain.

« L’eau est absorbée par les racines et transportée dans les vaisseaux par un phénomène de succion : la transpiration et l’évaporation de l’eau à la surface des feuilles. Plus il fait chaud, plus l’eau s’évapore rapidement et plus la force de succion augmente. Puis, lorsque l’eau se raréfie dans le sol, une grande force de succion attire des bulles d’air dans les vaisseaux, causant l’embolie », explique Mme Bergeron.

Les vaisseaux obstrués ne permettant plus l’hydratation, cela cause la mort de feuilles, de branches et même de l’arbre complet. Comme solution face à l’embolie, les arbres peuvent fermer leurs stomates, soit les trous laissant l’eau sortir à la surface des feuilles.

« En contrepartie, ils ne sont plus capables de se nourrir. Leur capacité de survie dépend alors de la durée de la sécheresse et de leur réserve en nourriture. Les feuillus gardent leurs stomates ouverts plus longtemps que les conifères en cas de sécheresse, et sont plus à risque d’embolie », mentionne Mélanie Bergeron.

Revoir nos aménagements

Dans une perspective de développement durable, l’AFSQ interpelle les citoyens, municipalités, entreprises et organismes à mieux planifier les aménagements forestiers et stratégies de verdissement. Cela passe entre autres par des choix arboricoles adaptés au territoire.

« Les feuillus les plus tolérants à la sécheresse sont les caryers, le cerisier tardif, les chênes rouge, à gros fruits et bicolore, l’érable argenté et le micocoulier occidental », cite Mme Bergeron en exemple.

Une végétation trop sèche mène déjà à des conséquences dramatiques, comme la hausse du nombre de feux de forêt. « Les changements climatiques ont un impact majeur sur nos forêts. La sécheresse est un ennemi des arbres. La population doit mieux en comprendre l’importance », conclut Mélanie Bergeron.